Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Comment réaliser les économies nécessaires à notre pays tout en satisfaisant les attentes des Français ?

Christophe Praud
Les Français sont un peuple fascinant. Leurs dirigeants politiques ne le sont pas moins. Car d’où leur vient cette capacité à toujours constater ce que nos voisins européens font de bien sans jamais s’en inspirer ? En particulier dans les domaines liés à l’économie ou l’éducation.

Chez nos voisins européens, des pays comme la Belgique ont réduit de 2 739 à 589 le nombre de leurs communes entre 1970 et 1990. Partant du constat que son découpage territorial était obsolète et inefficace, la Belgique s’est réformée avec courage et lucidité. Mais ça, c’était ailleurs…


Je suis surpris de l’indifférence générale qui a suivi l’annonce par notre nouveau premier ministre de la diminution du nombre de régions. Cela pouvait laisser entendre que nos représentants avaient enfin compris la nécessité de cette réforme. Mais non, soyez rassurés, le silence assourdissant qui a accompagné cette proposition tient seulement au fait qu’elle ne verra probablement jamais le jour. Et ce pour de nombreuses raisons : faibles économies, faible impact sur l’efficacité, faible capacité à extraire les avantages de cette réforme... Circulez, il n’y a rien à voir !


Imaginons que le 1er ministre propose de réduire le nombre de communes de 36 000 à 20 000. Imaginons qu’il lance la fusion de certains départements au nom de la performance des territoires. Il est probable que les voix de tous nos élus (maires, adjoints, conseillers généraux et j’en passe) se seraient rassemblées – à gauche comme à droite – pour nous donner une toute autre musique à entendre. Tout ce petit monde aurait su « dépasser les clivages » pour s’opposer à l’unisson à toute réforme pouvant remettre en cause tout ou partie de leur pouvoir et indemnités. Les élus alsaciens ont su nous le montrer récemment. Entre la commune et l’Europe, c’est une douzaine de strates administratives qui provoquent chez nos concitoyens à la fois de la confusion et de la suspicion. Car il est vrai que ce millefeuille en arrange plus d’un. Il permet de cumuler des mandats… mais aussi souvent des indemnités, parfois non imposables d’ailleurs… Tout cela constitue un phénomène bien franco-français. Aucune autre démocratie européenne ne peut se targuer d’un système aussi juste et efficace.


Mais revenons à la diminution du nombre de communes et de départements. Celle-ci présente au moins trois avantages : diminution du nombre de fonctionnaires territoriaux (donc de la dépense), diminution de la fiscalité territoriale, facilitation d’accès aux services pour les citoyens. Si notre premier ministre s’était clairement engagé dans cette voie, il aurait bénéficié de deux avantages considérables, et rares par les temps qui courent.


D’abord la certitude que cette réforme se soldera par des résultats comptables incontestables. C’est ce qui s’est passé en Suède ou en Belgique, quand ces deux pays ont eu le courage de réformer l’Etat. Il y a des précédents ailleurs en Europe ; leur réussite doit nous inspirer.


Ensuite, et surtout, le soutien de la très grande majorité des Français, convaincus de l’ineptie du système actuel et de sa nécessaire réforme. Si bénéficier du soutien populaire compte encore un peu pour un gouvernement - ne serait-ce que pour se faire réélire – alors le gouvernement sait ce qu’il doit faire.

Christophe Praud, Président national
Le 22-04-2014
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