Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Christophe Dudit : "Progresser au contact des autres"

Christophe Dudit
L’imprimerie, une passion plus qu’un métier. C’est du moins le cas avec Christophe Dudit, qui dirige l’entreprise Cloître à Landerneau. Une entreprise qui a appris à ne plus se reposer sur ses lauriers et qui se positionne comme experte dans son secteur d’activité.

ATAVISME

Le métier d’imprimeur pour Christophe Dudit, ce n’est pas qu’une histoire de business ! Fils d’imprimeur, les lois de l’atavisme l’amène vers ce secteur d’activité. Comme responsable qualité dans un premier temps, où il a la lourde responsabilité de préparer, notamment, cette imprimerie de 60 personnes au terrible bug de l’an 2000. Son patron le laisse s’exprimer… et Christophe s’exprime. Ses missions débordent sur l’informatique, les achats et la production. Six ans plus tard, celui qui a montré sa curiosité et son envie de faire évoluer les process prend la direction de l’entreprise. Christophe se positionne pour reprendre l’entreprise. Cette reprise ne se fera pas, les patrons d’alors préférant la solution de la transmission familiale. Christophe se retire…



UN SECTEUR PASSIONNANT

"J’ai le souci de maîtriser mon destin. Et c’est plus facile quand on est aux manettes de l’entreprise". Christophe a de la chance, car son associé actuel lui propose de reprendre avec lui l’entreprise Cloître, la plus grosse imprimerie de Bretagne (110 salariés, 14 millions d’euros de chiffre d’affaires). "C’est un secteur passionnant ; on y vient plus par passion que par appât du gain". En novembre 2011, Christophe entre chez Cloître. "J’étais très serein le premier jour. Je me sentais bien et j’avais un bon feeling. Les équipes travaillaient avec un bon esprit. Je connaissais bien le métier. Il y avait du pain sur la planche". Christophe s’efforce à son entrée de changer certaines mentalités qui ont la vie dure. "Pour certains salariés, l’entreprise Cloître est une institution en Bretagne. Ils pensent que rien ne peut lui arriver. Or l’imprimerie est un métier sinistré, notamment par l’avènement du numérique. Cinq cent imprimeries ont disparu en France pour la seule année 2013. On communique de moins en moins sur des supports imprimés. Et puis la crise fait mal. En France, quand ça va mal, le premier budget qui saute c’est celui de la communication."



MAINTENIR NOS MARGES

D’où la nécessité de changer les manières de produire, de faire mieux avec autant. « Soit nous ne faisons rien en priant pour une remontée des prix, soit nous nous battons pour maintenir nos marges en vendant et produisant différemment». Sans surprise, Cloître est engagée dans la seconde voie. Pour Christophe, cela signifie concrètement trois choses :



· Améliorer la productivité : 4 millions d’euros d’investissement ont été dirigés vers de nouveaux équipements. "Nous sommes engagés dans une course à l’équipement : toujours plus rapide et plus performant. Une machine aujourd’hui produit comme deux voire trois machines d’hier". Il faut également mettre les bonnes personnes aux bons endroits, rationaliser les postes, mettre des spécialistes du domaine sur chaque pôle.

· Changer les mentalités. "Il faut faire comprendre que nous ne sommes pas les plus beaux et les plus forts, à l’abri de tout ». Cela passe par la remise en cause. « Fini le temps où on se contente de suivre les procédures. Quand un problème survient, il faut réagir immédiatement, nous réunissons les acteurs et cherchons à ce que cela ne se reproduise plus. Il faut faire preuve de réactivité".

· Responsabiliser les salariés. "Moi, je me suis éclaté dans mon parcours car on m’a laissé libre. Je veux que les encadrants et les opérateurs se sentent libres dans l’entreprise. C’est en se sentant bien dans son job qu’on peut faire mieux. Chacun peut agir sur la notion de qualité produit en allant plus loin que les procédures et normes déjà mises en place. Cela passe par plus de liens et de liberté dans la prise de parole".



TERRAIN

Christophe va constamment sur le terrain, au contact des équipes, pour expliquer et contribuer à "donner du sens à ce que nous faisons". Pour lui, la bataille pour la productivité se joue avant tout sur le terrain, au contact. "Notre objectif est de nous positionner comme expert. Nous voulons être reconnus comme le meilleur, pas comme le plus gros. C’est l’expertise qui nous fera gagner !"

Administrateur d’Impriclub, un réseau d’échanges entre professionnel de l’imprimerie, Christophe a également rejoint le CJD de Brest. "J’y ai rencontré des gens passionnant, bluffant… Tout cela donne envie de réussir ; cela permet de réaliser qu’on n’est pas tout seul. Certains créent des boîtes avec rien. Je ne suis pas un créateur ; j’ai repris une entreprise. Rencontrer des créateurs, cela me booste. Cela contribue à ce que je suis aujourd’hui. Plus que des outils et des formations, c’est l’aspect humain que j’aime au CJD. Je suis une éponge et je progresse au contact des autres, au travers des échanges et des visites d’entreprises".


La rédaction
Le 19-05-2014
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