Décembre 2018


Messieurs les patrons de syndicats grévistes

Malgré les nombreux écrits et témoignages plus ou moins sympathiques qui vous sont adressés depuis la semaine dernière, je vais prendre la liberté de vous délivrer moi aussi mon sentiment et peut-être oserais-je un ou deux conseils. En tant que Président du Centre des Jeunes Dirigeants, représentant plus de 4000 entrepreneurs responsables, il est de mon devoir de vous alerter sur la situation que vous provoquez, acceptez et par voie de conséquence, que vous devez assumer.

Dans nos entreprises, lorsqu’il y a un dysfonctionnement, nous commençons par nous interroger sur notre responsabilité personnelle. Avons-nous assumé notre mission de dirigeant en proposant une vision, des ambitions, une capacité à mobiliser nos équipes au service d’une stratégie qui semble juste et pérenne ? Votre mission de dirigeant syndical est-elle de maintenir envers et contre tout une situation de blocage ? L’avenir de la structure que vous dirigez et l’adhésion de la société civile à votre projet n’est-elle pas mise en danger lorsque vous maintenez une posture contraire à l’avis général ?


Le CJD organise dans 3 jours son congrès national auquel participent plus de 1600 dirigeants, avec pour thématiques majeures la confiance et l’audace. Il nous semble indispensable de voir l’avenir sous l’angle du possible et de le réfléchir collectivement avec des chercheurs, des jeunes, des experts…. Pour que tous ensemble nous bâtissions demain, avec un grand D.


Vous qui dirigez une structure de service public, attachés au bien public et à l’intérêt général, comment faites-vous pour vous dédouaner de l’angoisse générée chez les bacheliers, chez ces jeunes qui sont nos salariés de demain. Et qui, même si j’en doute de plus en plus, auraient pu être vos futurs adhérents ?

En tant que dirigeant, pour vous comme pour nous, il est important d’observer le monde dans lequel évoluent nos structures. Et il est indéniable que ces derniers mois ont été marqués par une volonté, plus ou moins suivie d’effets, de faire travailler de concert toutes les parties prenantes de l’entreprise et de mettre cette dernière au cœur du projet de société. C’est ce que nous appelons au CJD la Performance globale, ou comment prendre en compte tous les acteurs concernés de près ou de loin par le projet d’entreprise. En campant sur vos positions et en ignorant la révolution en marche, vous véhiculez une conception du dialogue social désuète, rendez votre représentativité contestable et participez au fait que de plus en plus de citoyens voient votre légitimité écornée. Je pense encore une fois aux lycéens qui vont passer les épreuves du baccalauréat. Au stress de l’épreuve s’ajoute l’inquiétude de ne pas être présent le jour J pour défendre ses chances. Je pense aussi aux nombreux salariés qui ne pourront gagner leur lieu de travail, et aux nombreuses entreprises qui ne pourront gagner ces quelques euros de chiffre d’affaires qui souvent font la différence à la clôture du bilan.


Au CJD nous avons toujours cherché à travailler main dans la main avec les organisations syndicales pour faire évoluer le dialogue social, même si pour vous comme pour nous, il est parfois bien difficile d’être progressistes. Si vous voulez voir survivre vos structures et ne pas finir seuls, n’ayez de cesse d’être à l’écoute des souffrances que vous générez. Et envisagez parfois que vos revendications puissent être ou à minima paraître inconsistantes.


C’est que ce nous, dirigeants, nous ferons la semaine prochaine en réfléchissant aux défis de l’entreprise infinie. Plus de 1600 entrepreneurs venant de toute la France seront là parfois contraints de préférer la voiture au train. L’incertitude et la difficulté sont le lot des entrepreneurs… Ils passeront donc outre celles que leur infligeront les grévistes de la SNCF.

Christophe Praud, Président national 2012-2014
Le 16-06-2014
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
13 commentaires
Voir les commentaires
Powered by Walabiz