Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Pour que les CCI gagnent en légitimité

La réforme des CCI proposée par le rapport provisoire de l'Inspection générale des finances (IGF) et de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGEIET), fait du bruit dans le Landernau consulaire.

Les réformes, dès lors qu’elles ne nous concernent pas ou alors de très loin, semblent nécessaires, incontournables, incontestables. On s’insurge même de leur lenteur. Mais quand elles nous concernent de plus près, quand il s’agit de repenser les organisations que nous dirigeons, alors nous sommes étrangement moins enclins à voir les choses changer…


Nous, entrepreneurs du CJD, pensons que tout ce qui peut améliorer le service aux entreprises et avoir un impact positif sur la fiscalité est nécessaire. Une réflexion sur le fonctionnement et le financement des CCI n’est donc pas tabou. Mieux, elle est souhaitable.


Nous abordons donc la réforme des CCI comme toutes les autres, avec la même méthodologie, en la confrontant à la réalité des besoins de services, et non pas sur l’objectif unique visant à réduire les coûts de toutes sortes (charge financière, fiscalité, emploi...). Ces réductions doivent être une conséquence du bilan tiré du fonctionnement des CCI, et non un préalable.


Après avoir consulté de nombreux entrepreneurs adhérents au CJD sur l’ensemble du territoire, notre premier constat se résume en un mot : hétérogénéité.


Hétérogénéité dans la perception de l’utilité des CCI, dans leur couverture géographique, dans les services rendus, dans leur rôle fédérateur et facilitateur au service de l’économie, dans leur capacité à défendre nos intérêts. Hétérogénéité également dans l’interprétation qui est faite des fonctions d’administrateur ou de gestionnaire d’outils comme des ports, des aéroports ou encore des parcs d’exposition. Nous trouvons ainsi autant d’entrepreneurs qui louent les services de « leur » CCI que d’entrepreneurs qui les fustigent les trouvant trop consommatrices en personnel ou trop enclines à servir des dirigeants en mal de reconnaissance. Si ce dernier sentiment est répandu, c’est qu’il doit renvoyer à une certaine réalité. Il est donc nécessaire d’établir un état des lieux précis.


Plutôt que de réformer à la hache et à la hâte, sans concertation avec les principaux intéressés, nous proposons que les réseaux consulaires redéfinissent eux-mêmes plus précisément le cadre de leurs missions. Ces dernières devront ensuite leur être attribuées en propre, car il faut en finir avec les doublons. Nous avons du mal à comprendre la superposition de dispositifs d’accompagnement et la multiplication d’acteurs institutionnels sur les questions liées à l’innovation, à l’export, à la création d’entreprises, à la RSE… Le CJD, dont les membres sont très impliqués dans les organisations consulaires et patronales, se tient à la disposition des réseaux consulaires pour accompagner leur réflexion.


C’est grâce à ce travail de clarification que nous réformerons utilement les réseaux consulaires. C’est après cette remise à plat que nous pourrons nous mettre d’accord sur le nombre de CCI, sur quelle taxe leur associer, sur combien de personnes embaucher ou redéployer pour assurer les services attendus, etc.

C’est ainsi que les CCI gagneront en légitimité. C’est ainsi que leur coût, au travers notamment de la « taxe pour frais de chambre », ne fera plus perpétuellement débat. Plus de légitimité, c’est aussi un taux de participation aux élections consulaires qui, assurément, sera accru. Et des élus, là aussi à coup sûr, plus représentatifs des entrepreneurs de leurs territoires.

Christophe Praud, Président national 2012-2014
Le 16-06-2014
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