Novembre 2018


Cyril Dané : la pratique du terrain comme levier de croissance

Cyril Dané
Les choses évoluent rapidement. Dans l’entreprise tout particulièrement. Derrière ces poncifs, ressassés maintes et maintes fois, se cachent bon nombre d’histoires d’entrepreneurs à conter. La belle histoire d’AIO illustre bien comment, en trois ans, une entreprise peut complètement changer de métier et amorcer un développement digne d’une start-up.

REPRISE EN TEMPS DE CRISE

Ingénieur de formation, « gadzarts » pour être plus précis, c’est-à-dire diplômé des Arts et Métiers, Cyril Dané fait ses premières armes là où on ne l’attendait pas. Il occupe des fonctions financières dans un groupe où il se charge des fusions et acquisitions d’entreprises. Une expérience qui s’avérera précieuse quand un ami d’enfance souhaite s’associer à lui pour reprendre son entreprise dans laquelle il travaille.

Bingo ! En 2008, l’affaire est scellée via un LBO. Cyril adhère au CJD dans la foulée. Il codirige alors une entreprise de 17 personnes qui fait du négoce de composants industriels en Aquitaine. 2008 : pas forcément le meilleur moment pour se lancer… Facile à dire rétrospectivement. L’entreprise prend la crise de plein fouet et creuse des pertes abyssales. "C’est le CJD qui m’a permis de ne pas faire que la boîte coule en 2009 et 2010". Une adhésion à l’association vite rentabilisée !


ASTUCIEUX

Voilà qui amène Cyril à repenser les choses, et à se lancer dans une démarche de Lean Management très orthodoxe. Pas celle que nous voyons petit à petit se mettre en place dans nombre d’entreprises, mais une démarche d’apprentissage pour le dirigeant et tous ses collaborateurs. "Nous avons réussi à faire émerger les besoins implicites de nos clients par un une écoute client différente, ce qui nous permet aujourd’hui d’être le seul acteur en Europe sur notre marché". Il s’agit donc de se défaire de ce que veut et dit le client, pour déceler ses besoins réels. En s’essayant à cette démarche, il en ressort que de nombreux industriels ont besoin de solutions permettant l’amélioration de l’ergonomie sur les chaînes de montage, dans les opérations d’assemblage. Un support au geste et à l’ergonomie, voilà ce à quoi va désormais travailler AIO.

C’est là que l’ingénieur entre véritablement en scène. Car l’innovation passera par des systèmes mécaniques astucieux, qui s’inspirent d’une tradition déjà longue, au Japon notamment. L’objectif est de se passer de l’électricité, pour utiliser l’énergie cinématique (c’est-à-dire relatif au mouvement), produite par le système lui-même en se servant notamment de la gravité des produits transportés. Une énergie exogène donc véritablement économe.


TRIPTYQUE GAGNANT

Les résultats sont rapidement au rendez-vous. Les grands comptes de l’industrie automobile également. Et cette réussite naît du triptyque gagnant client / produit / hommes. "Satisfaire le client, cela passe par le développement des hommes qui vont élaborer le produit. Nous développons un marché en développant les personnes et c’est parce que nous développons les personnes que nous développons les produits".Un cercle vertueux qui implique un changement radical dans sa façon de penser les choses. Trouver des solutions aux problèmes du client, et non placer coûte que coûte ses produits, cela suppose en effet de remettre en cause un certain nombre de dogmes, dont le principal est d’accepter l’erreur. Sans droit à l’erreur, les salariés ne peuvent pas développer leur expertise technique.

L’erreur doit ainsi être considérée comme une occasion d’apprendre. Concrètement, les problèmes sont rendus visibles et sont au cœur du développement des collaborateurs salariés. Ma mission est de revenir sur le terrain pour relier la stratégie à la réalité des clients et de mes collaborateurs. Ces derniers deviennent acteurs de la stratégie au lieu d’exécuter des ordres». Une belle définition de l’agilité…


UN AVENIR SOUS LES MEILLEURS AUSPICES

En 2014, 5 CDI et 9 CDD ont déjà été signés. AIO se prépare à lever des fonds pour se développer en France et à l’international ; les grands donneurs d’ordre s’intéressent de près à ses produits innovants. De quoi permettre – à nous Français – de relever un peu la tête. Dans l’industrie, la création d’emplois et les potentiels de développement sont bien réels. Concernant son engagement au CJD, Cyril est depuis deux ans impliqué au COPIL (comité de pilotage) national Agilité et co-animera avec Christophe Riboulet le nouveau COPIL national Agilité pour les deux prochaines années.




La Rédaction
Le 2-07-2014
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