Novembre 2018


Parlez-vous Bitcoin ?…

Ni diable ni messie, la première monnaie virtuelle à vraiment faire parler d’elle est tout simplement une… première ! Et, au vu des avantages techniques offert par le système instauré comme des institutions qui s’y intéressent de près, il serait vraiment naïf de penser que les quelques incidents rencontrés à l’allumage, suffiront à enrayer ce qui est, d’évidence, est l’amorce d’une mutation numérique de plus…

Un site, une histoire :bitcoin.org

Le Bitcoin (avec une majuscule, Bitcoin désigne la monnaie dans son ensemble et, sans, une pièce ou une somme), ce nouveau People qui s’invite dans l’actualité, est donc une monnaie virtuelle et cryptée transmise par internet de façon anonyme, d’un utilisateur à un autre, sans intermédiaire, comme de l’argent liquide. Ni frappés ni gérés par une banque centrale (cette indépendance étant leur raison d’être même), les bitcoins sont générés par des algorithmes associés à un réseau pair-à-pair (P2P), portant chacun la mémoire de toutes les transactions dont ils ont été le centre, l’ensemble étant enregistré dans un immense livre de comptes public et anonyme infalsifiable, la blockchain.

21 millions en tout

Créés en 2008 par le mystérieux Satoshi Nakamoto dont l’identité n’a pas encore été élucidée, les bitcoins de naissent pas ex nihilo, mais sont « minés » ou « forgés » par une suite de calculs très compliqués menée par un ordinateur, n’importe lequel. Toutes les dix minutes, une nouvelle « énigme » informatique est ainsi proposée et celui qui la résout le premier remporte 25 bitcoins. Si, il y a quelques années, un petit processeur suffisait pour participer à cette ruée vers l’or virtuelle (plusieurs fortunes notables en sont nées), la course est depuis longtemps réservée aux informaticiens les plus performants qui y consacrent des outils dédiés imbattables. Aujourd’hui donc, si l’on veut des bitcoins, il faut les acheter, sachant que sur les 21 millions en tout et pour tout fixés par le créateur, plus de 13 ont déjà été « émis ».

Les acheter où ?... Sur l’une des nombreuses plates-formes d’échange, telle la célèbre Mt Gox (française), ce « mauvais élève » du système qui a fait « faillite » en évaporant définitivementavec lui750.000 bitcoins (plus de 300 millions d’euros quand même !) en février dernier. Car si votre disque dur tombe en panne et que vous n’avez pas « copié » votre « argent » sur un disque de sauvegarde, il est perdu ! Au taux de change actuel (1 BTC = 440 €), mieux vaut prendre ses précautions. Centi, milli, microbitcoin étant ses subdivisions ; déca, kilo et mégabitcoins les multiples destinés aux gros achats.

Quel intérêt ?

Car naturellement, tout l’intérêt de l’affaire est de pouvoir utiliser cette monnaie, la plus simple d’utilisation qui soit (on l’envoie comme un mail : 70.000 transactions/jour actuellement), laquelle, surtout, ne nécessite aucun intermédiaire : banque, solution de paiement type Paypal, carte… : zéro tiers, donc : zéro commission ! Raison pour laquelle Virgin comme le second plus grand distributeur américain, le premier opérateur de téléphonie chinois ou la Commission des élections américaines acceptent d’ores et déjà les bitcoins. Raison pour laquelle encore très peu d’états, au final (la Russie et la Thaïlande pour l’heure) en dépit même des couacs plus ou moins douloureux rencontrés par cette nouvelle monnaie (qui ne s’est pas écroulée pour autant !) ont interdit l’utilisation du bitcoinqui, rappelons-le, n’est que l’une des dizaines de monnaies virtuelles aujourd’hui testées par l’humain (existe aussi des Litecoin, Dogecoin, InfiniteCoin, etc.).

Un « haro ! » de façade

La Banque Centrale américaine ayant même ouvert officiellement une enquête technique pour définir les avantages et inconvénients du système. Car, si les gouvernements poussent tous leurs concitoyens à la prudence (les moins avertis pouvant y laisser des plumes comme cela est déjà advenu et la spéculation battant son plein comme pour toute monnaie d’échange), nul n’ignore (hormis les présentateurs du 20h en quête de catastrophes fraîches) que c’est sont « des marchés d’échange non encore régulés » qui sont ici fautifs et non la monnaie elle-même, « réglée comme une horloge » aux dires de la plupart des experts.

Alors ? Alors, les monnaies virtuelles en sont encore à leurs balbutiements, c’est certain, une adolescence du type Far West où il suffit d’un peu de culot et de chevaux rapides pour piller la banque, mais à laquelle succédera, comme toujours, une période plus tranquille, favorable à la prospérité.

« Nos ancêtres les bitcoins »…

… pourront bientôt « dire » les nouvelles générations de monnaie virtuelle d’ores et déjà en train de voir le jour, qui prennent en compte les défauts et failles (volatilité, spéculation, blanchiment d’argent) que présente encore ce qui sera un jour, parions-le, le système de paiement universel… Une bonne centaine (!) de monnaies virtuelle sont actuellement en lice pour prendre le relais, qui dévoilent au passage des fonctionnalités nouvelles destinées aux micro-transactions, crowfunding sans intermédiaire, paiements récurrents, etc. Tandis que plus généralement encore, d’autres acteurs réfléchissent à la manière d’utiliser la blockchain Bitcoin (ce registre public infalsifiable) pour réaliser TOUS les transferts d’actifs : immobilier, matières premières, devises, etc. Car c’est en fait tout le système financier de l’ère industrielle qui se trouve sur la sellette, et même… le droit contractuel ! Les Jacques Attali, Laurence Parisot, Gavis Andresen et Cie ne seraient pas les invités vedettes de la prochaine conférence organisée par Bitcoin en octobre à la Défense, sinon. Bref, en un mot comme en cent, la révolution numérique en cours est loin d’avoir achevé son œuvre transformatrice…



Par Jérôme Bourgine

« Auteur de “1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?” aux éditions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com


Les chroniques d’Utopia (internet EST une utopie !).
Le 2-09-2014
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