Juillet 2018


Quand les entrepreneurs s’essaient à la prospective. 1ère partie : « … l’utopie est notre ressource » (Paul Ricœur)

En 2012, les membres du Lab, un groupe de réflexion composé à 100% d’entrepreneurs du CJD, se mettent au travail… Un peu dans la douleur, toujours dans le flou.

Car quel sujet défricher ? Qu’attend-on précisément du Lab ? C’est une des caractéristiques du Lab : s’engager sans savoir où précisément. Avancer, hésiter, reculer, douter, s’impatienter, se décourager, se ressaisir, avancer encore, apercevoir une lumière à l’horizon (le sacro-saint livrable), s’y engouffrer corps et âme. Cet état d’esprit n’est pas nouveau au CJD. De nombreux dirigeants du CJD se sont déjà essayés à cet exercice, notamment au travers du GRES, le Groupe de Recherche Economique et Sociale, dont les titres des productions paraissent aussi ésotériques que leurs contenus sont passionnants.

Le but que le Lab s’assigne ces deux années ? Ni plus ni moins que de penser l’entreprise et le monde qui l’entoure à 100 ans. Les membres du Lab essaient alors de définir les balises de cet avenir : des ressources limitées et un nouveau rapport à l’information et au pouvoir… Ils dénombrent un certain nombre d’invariants :

  1. Quête et partage de sens : donner du sens à la vie, se relier, partager du sens et se comprendre, comprendre les comportements et les valeurs.
  2. Trouver des solutions sous contraintes, environnementales, démographiques, face à la rareté des ressources, à l’augmentation des besoins mondiaux.
  3. Cohérence esprit/cœur/corps :équilibrer toutes les dimensions de l’être humain, sans oublier le nécessaire (manger, boire), ni l’éducation ou le besoin de reconnaissance.
  4. Besoin de relations fortes au sein d’un réseau de connaissances : besoin de quelques relations physiques, incarnées, de prendre la mesure de l’autre et de sortir du virtuel ou de la simple connaissance.
  5. Faire fonctionner ensemble des identités différentes,jusque dans leurs propres paradoxes, dans ce qu’elles ont de multiples, particulièrement en ce monde de voyage, de mélanges, de déracinement. Identités individuelle, collective, professionnelle…
  6. L’homme réparable, ou le nouveau statut du corps avec l’émergence des biotechnologies et la fracture supplémentaire qui reste d’apparaître entre ceux qui pourront accéder à ces technologies et les autres.
  7. La violence, inévitable corollaire des changements profonds, des inégalités croissantes.
  8. Un arrêt de la course vers plus de vitesse.

De la prospective teintée par les valeurs du CJD : en un mot, de l’utopie, telle que la définit Paul Ricœur.L’effet que produit la lecture d’une utopie est la remise en question de ce qui existe au présent: elle fait que le monde actuel paraîtétrange. Nous sommes ordinairement tentés daffirmer que nous ne pouvons pas mener une autre vie que celle que nous menons actuellement. Mais l’utopie introduit un sens du doute qui fait voler l’évidence en éclats… L’ordre qui était tenu pour allant de soi apparaît soudain étrange et contingent. Telle est la valeur essentielle des utopies. À une époque où tout est bloqué par des systèmes qui ont échoué, mais qui ne peuvent être vaincus… l’utopie est notre ressource. Elle peut être une échappatoire, mais elle est aussi l’arme de la critique.»

A suivre…


Le CJD Lab
Le 29-09-2014
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