Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Jules Verne 2.0

En mettant en ligne gratuitement les plans, budgets, vidéos, tutoriels et guides d’entretien des 50 machines les plus indispensables, les tenants de la Boîte à Outils du Village Global visent bien davantage qu’un simple coup de main aux citoyens du monde les plus démunis ; ce sont les clés de l’autosuffisance et du libre entrepreneuriat qu’ils leur proposent…
Un site, une histoire : opensourceecology

C’est à l’occasion d’un de ces fameux TED, conférence (désormais organisées partout dans le monde, dont Paris) au cours de laquelle des gens viennent exposer devant une assemblée d’auditeurs un projet d’intérêt collectif enthousiasmant lié à internet que l’on a commencé à vraiment parler du « Global Village Construction Set », la « Boîte à Outils du Village Global » en français.

De quoi s’agit-il ? D’une plate-forme internet ouverte à tous et permettant « la fabrication des 50 machines industrielles nécessaires à la création d'une petite civilisation durable, moderne et confortable ». En bref, sont mis en ligne sur ce site collaboratif (wiki) les modèles 3D, schémas, tutoriels, vidéos, budgets, manuels d’utilisation, d’entretien et réparation des 50 machines les plus indispensables à l’être humain aujourd’hui : de l’éolienne au semoir en passant par le tracteur, la perceuse à colonne, le poste à soudure, la foreuse de puits ou encore le circuit imprimé et l’imprimante 3D… Tout ça, bien sûr, en tenant compte des considérations écologiques comme économiques actuelles.

Du local au global

Au départ, ce sont une poignée de fermiers américains, adeptes du fameux mouvement DIY (Do It Yourself, pratiqué en commun dans les non moins célèbres Fablab ; en français : FTLM : Fait Le Toi-Même !) qui ont lancé l’affaire en construisant à moindre coût puis partagé sur le net les plans d’une presse à briques aussi performante que simple à créer et à utiliser ? Puis, ils se sont attaqués à un tracteur, un générateur, etc. Bientôt rejoint, comme cela devient de plus en plus fréquent, par toute une communauté d’esprits curieux soudés par la toile. Communauté américaine au départ, largement internationale aujourd’hui. Et comme ces gars-là ont avant tout l’esprit pratique ; ils construisent, testent, simplifient et améliorent en continu le matériel proposé, prenant en compte les retours effectués par ceux qui, sur le terrain : aux États-Unis, en Afrique, Asie ou ailleurs, s’y collent « pour de vrai » et rencontrent, sur place, des obstacles imprévus. Étant bien entendu que chaque machine est conçue à partir de modules, dans le plus pur état d’esprit Lego afin d’obtenir une polyvalence maximale (le moteur de base servant à différents outils finaux).

Leur Performance Globale

Produisant un matériel libre, fabricable et réparable à bas coût (un moteur hydraulique pour 750 € au lieu de 2000, une trayeuse pour 1500 au lieu de 2750, etc.), par l’utilisateur, le plus possible en circuit fermé (recyclage de matériaux) mais néanmoins à haute performance (« standards égalant ou dépassant toujours ceux de leur équivalent commercial »), conçu pour un usage flexible et encadré par un « modèle économique distribué » favorisant la création et la réplication de petites entreprises dérivées, le but de l’OSE (Open Source Ecology) n’est pas uniquement de mettre des outils à la portée de ceux qui n’ont pas les moyens de les acheter (ou ne le souhaitent pas !), mais également de booster, en ayant recours à l’ingéniosité collective, cette fameuse « innovation frugale » (jugaad) qui fait la moitié des titres de la presse économique depuis quelques mois (Renault ayant installé sa dernière usine de production + RD en Inde pour cette bonne raison : les ingénieurs indiens, inventeurs de longue date du concept, étant particulièrement doués de ce côté).

Mode d’emploi du mode d’emploi

Le but de ce mouvement qui a fait la couverture du Time et reçu les honneurs de la Maisons Blanche l’an passé étant de faciliter l’auto-mise en place, partout dans le monde, de structures permettant la mise en œuvre du process lui-même (modèle de fonctionnement, gestion, division des taches complexes, etc.), une série d’ateliers a été finalisée cette année et commence d’essaimer cette nouvelle manière d’envisager l’économie de production. Dont acte.


Les chroniques d’Utopia (internet EST une utopie !).



Jérôme Bourgine
Le 8-10-2014
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