Juillet 2018


De la bonne santé des dirigeants !

« Salut ça va ? » Quelle question banale et simple n’est-ce pas ? Eh bien quand vous êtes dirigeant d’entreprise, cette question si simple et fréquente n’entraîne pas, voire jamais, une réponse sincère. Si la question est posée par quelqu’un de votre sphère professionnelle (banquier, client, sous-traitant), évidemment, vous allez lui dire que « tout va bien ». Histoire qu’il ne panique pas et qu’il se dise que de partenaire vous vous transformez en risque. Et en dehors de ce public, vous n’irez jamais parler de vos faiblesses et de vos petits bobos. Oui, un patron va toujours bien !

Quand vous croisez un patron d’une TPE/PME, indépendant, freelance, autoentrepreneur et que vous lui posez la question habituelle : « comment ça va ? », il ne vous répondra jamais sur sa santé. Au mieux il vous parlera du business (c’est mou en ce moment ou ça marche pas mal), mais de sa fatigue, de son cancer, de son rhume, de son mal de dos, de sa gastro, de sa déprime... bref, de sa petite ou grande maladie, vous n’en saurez rien. Un dirigeant, c’est un leader, ce n’est pas un faible. Et pourtant, on parle là du même être humain que les autres ? Alors pourquoi est-il moins malade que les autres ?

D’ailleurs, l’est-il vraiment ? Un chercheur de Montpellier, Olivier Torres "PMiste" comme il se qualifie, veut comprendre. Il a créé un observatoire de la santé des dirigeants de PME, commerçants et artisans. Après une plénière du CJD Béarn, j’ai apporté mon soutien à cette initiative et je me suis inscrit à son programme d’étude. Mon état de santé contribuera à la réalisation d’une grande étude sur la santé des dirigeants.

Les dirigeants sont moins souvent malades que les salariés. C’est le premier constat de l’observatoire Amarok.

Il y a plusieurs raisons à cela, mais selon Olivier Torrès, c’est surtout parce que « l’indépendant » est notamment maître de son destin. C’est un facteur salutogène selon lui, c’est à dire l’inverse d’un facteur pathogène, celui qui provoque les maladies.

Le professeur d’Université, PMiste, montre sur le site de l’observatoire qu’en fait, le dirigeant, le patron équilibre les facteurs pathogènes et salutogènes (cf. schéma ci-dessus)

Je m’interroge pourtant sur cet équilibre. Je peux constater effectivement que mes collègues « patrons » ou dirigeants sont assez peu malades. J’ai connu moi aussi (mais comme certains salariés sous pression), cette maladie de début de vacances, celle qui semble dire « ça y est tu peux te laisser aller, tu es en vacances ».

Toutefois, je suis aussi pas mal témoin de « grosses maladies » dans mon entourage. Des infarctus à 45 ans, des cancers, des maladies rares... Bref du lourd, très lourd.

Alors mon interrogation porte sur la possibilité pour les « leaders » d’une accumulation de dysfonctionnements physiques et psychiques tout au long de la vie, avec au final, une explosion qui signe brutalement la fin du match. Et donc nous ne serions pas en face d’un équilibre, mais d’une maîtrise des agents pathogènes par les salutogènes... jusqu’à qu’ils reprennent le dessus encore plus violemment.

Et je pense notamment, qu’il y a une accumulation du stress avec une impression de maîtrise, parfois même d’arriver à s’en servir pour avancer (le célèbre « bon stress »). Cette accumulation est comme un magma qui décide un jour d’utiliser une faille et de se transformer en éruption... qui détruit tout sur son passage.

Finalement le sujet est bien d’arriver à éviter le stress, effacer ses effets non (ou) visibles, inverser la tendance. Afin d’être en bonne santé... pour de vrai.

Vous en pensez quoi ?

Article d’origine sur le blog de Benjamin Rosoor
Benjamin Rosoor
Le 29-10-2014
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