Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Trois questions à Eric Perret sur l’amour de soi au travail

Éric Perret vient de publier un ouvrage préfacé par Françoise Cocuelle, présidente 2004 – 2006 du CJD. Il répond aux questions de Jeune Dirigeant sur le thème de ce livre : l'amour de soi au travail.

Jeune Dirigeant : Pourquoi avez-vous consacré un livre au thème de l’amour de soir ?

Éric Perret : J’ai éprouvé le besoin de clarifier théoriquement ce que j’expérimente quotidiennement dans mes différents coachings et de faire des liens entre différentes notions : l’estime de soi, l’acceptation de soi, le leadership, l’idéal de vie, le détachement de soi… Toutes sont connues, mais rarement maîtrisées dans leur signification. Les personnes ont besoin de comprendre ce qui se passe en elles pour se créer du sens. J’ai couché cela sur le papier, développé un modèle, l’ai fait relire à un groupe de travail. Un éditeur s’est montré intéressé et j’ai alors travaillé pour rendre ce travail publiable.


JD : Quelles différences entre l’amour de soi et l’égoïsme ou le narcissisme ?

EP : Dans l’égoïsme et le narcissisme, le monde tourne autour du « moi », nous sommes pilotés par notre ego, ce « petit moi » qui a pris le pouvoir. C’est la volonté de s’imposer, de posséder, de paraître. L’amour de soi, c’est strictement l’inverse. Plus je suis « plein » de moi — plein dans le sens « plénitude —, plus je vais voir les autres dans un rapport authentique et non de domination. Donner, sans fondamentalement attendre quelque chose en retour.


JD : En quoi l’amour de soi est fondamental dans la sphère professionnelle ?

EP : Dans un monde complexe dont les caractéristiques de base sont l’incertitude, l’interdépendance, l’immédiateté et l’ultra-compétition — bref un monde que l’on maîtrise difficilement —, notre seul point d’ancrage, c’est nous-mêmes. Je dois être bien avec moi-même pour évoluer à l’aise dans cet environnement. Il faut distinguer alors l’être-bien du bien-être. Le bien-être est lié à des causes externes que procure ou pas l’entreprise. L’être-bien quant à lui est relié à des causes internes. Il est une véritable force qui part de la personne et est à son service, la met en ouverture. Au travail, quand une personne ne se sent pas bien, elle se replie habituellement sur elle, sur son territoire et ses avantages, etc. Elle est en proie à des combats inutiles et dépense négativement son énergie disponible, alors qu’elle devrait être en “combat” externe, au service de l’entreprise. Quand je suis en combat interne, j’entre en compétition avec les gens de ma propre sphère. Or l’important aujourd’hui est de développer les coopérations avec les autres et de s’adapter aux changements incessants de notre environnement. Pour cela, il faut savoir dépasser ses peurs et ses protections. Et pour dépasser ses peurs, il importe de commencer à s’aimer. L’entreprise devrait investir dans cette direction de l’amour de soi de ses salariés, non pas comme une finalité, mais comme un moyen d’aller plus loin.


Eric Perret, Osez l’amour de soi – au travail aussi !, InterEditions, 2014.
Propos recueillis par la rédaction
Le 14-11-2014
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