Novembre 2018


Territoire de richesses : « la force des territoires va compenser les faiblesses des États » (J-P Delevoye)

De droite à gauche : Laurent Bazin, Jean-Pierre Delevoye, Richard Thiriet
Jean-Paul Delevoye, le président du CESE, est venu conclure la Rencontre du Réseau de vendredi dernier. Voici ses messages clés.

Nous ne sommes pas en crise, car nous ne retrouverons pas la situation qui était la nôtre auparavant. Nous sommes en métamorphose. Notre système politique et administratif est en décalage avec ce phénomène, lui qui s’est bâti sur de la stabilité.

Toute la structuration des territoires a été fondée sur le modèle économique. Aujourd’hui, notamment avec la financiarisation de l’économie, il n’y a plus de territoires. Plus personne ne maîtrise les idées et les hommes.

La question dans ce monde qui s’ouvre à nous est la suivante : comment capter la valeur ajoutée de ces flux ? Dans le tourisme par exemple, ce n’est pas l’hôtelier qui fait fortune, mais le site de réservation qui met en relation le client avec l’hôtel. Le monde de demain est celui de la captation de données (big data). C’est la capacité à analyser « l’envie personnalisée » qui fera qu’une entreprise sera en avance sur les autres. Aujourd’hui, les technologies et les sciences sont capables de choses que le cerveau ne peut traiter. Les objets connectés et les robots simplifieront notre quotidien. Mais quels seront alors nos outils de socialisation ? Comment ferons-nous société ?

L’objectif politique à venir, c’est, dans la régulation du monde, de capter les flux et de les orienter. Le risque est celui de la dislocation sociale au travers de 3 chocs :

- Le choc territorial (celui de l’allocation des ressources)

- Le choc identitaire (religieux notamment)

- Le choc entre générations.

Les deux écueils sont les suivants : la surculpabilisation de ceux qui n’entrent pas dans le système et la surfiscalisation de ceux qui réussissent. Si la régulation n’est pas à la hauteur, un scénario envisagé par la CIA est la maîtrise totale du monde par les grandes sociétés internationales. Nous ne sommes pas à l'abri de cela.

Autre enjeu : celui du collaboratif qui va consister non pas à mettre tout le monde sur un pied d’égalité, mais à amener chacun au meilleur de lui-même. Il va falloir éveiller les consciences plutôt que de remplir de connaissances les esprits. Il faut avoir confiance ne soi pour avoir confiance en l’autre. Il faut avoir confiance en l’autre pour relever les défis qui se posent à nous : passer d’une société de la performance à une société de l’épanouissement, d’une économie des biens à une économie du lien, d’un système de captation à un système de coopération.

Et une conviction : la force des territoires va compenser les faiblesses des États.

La rédaction
Le 26-11-2014
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