Juillet 2018


Que fait l'école pour les futurs entrepreneurs ?

Seulement 2 % des étudiants se lancent chaque année dans l’aventure entrepreneuriale. En période de crise, miser sur la création de son propre emploi est pourtant un vrai pari sur l’avenir. Quels moyens sont déployés par l’école pour aider les futurs entrepreneurs lors de leur scolarité, et comment faire de l’entrepreneuriat un pilier pédagogique ?

C’est l’un des axes prioritaires pour la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Et les objectifs affichés sont clairs : atteindre 20.000 créations ou reprises d’entreprises par des jeunes issus de l’enseignement supérieur, en quatre ans. Mis en place pour la rentrée 2014, le statut de l’étudiant-entrepreneur qui s’inspire de celui du sportif de haut niveau doit permettre à tout étudiant ou jeune diplômé de développer son projet. Après l’avoir défendu devant une commission, les candidats bénéficient d’un accompagnement par un chef d’entreprise ou encore d’accès à un espace de coworking, tout en conservant certains avantages comme la sécurité sociale étudiante. Les jeunes pourront également aménager leur emploi du temps ou remplacer un stage par leur projet entrepreneurial.


L’entrepreneuriat dans l'enseignement supérieur

Beaucoup de Grandes Écoles ont déjà mis en place tout un écosystème pour favoriser l’entrepreneuriat. À l’image d’ESSEC Venturesqui met à disposition un incubateur, une pépinière et un fonds d’amorçage. Même les Universités s’y mettent, comme à Paris Dauphine, la première à compter un Master Entrepreneuriat, se classant dans le top 3 des Masters du même type.

Monique Valcour, professeur à l’EDHEC écrivait dans le Financial Times le 31 août dernier : «Les Grandes Écoles françaises ont besoin d’un changement d’état d’esprit. Le modèle élitiste manque d’adaptabilité vis-à-vis du marché du travail. Aujourd’hui, les recruteurs veulent des employés ayant de l’agilité dans l’apprentissage, qui savent s’adapter. »

C’est précisément ce qu’a voulu Xavier Niel, le patron de Free. En 2013 il a fondé 42, une école qui change les codes. Il la définit à la frontière des mondes : non-aligné, disruptif, hautement contributif. Tout un programme. Pas de concours, pas besoin d’avoir le bac, «ici on recrute des talents » dit-il. 42 va encore plus loin en développant un système d’éducation autogéré : le « Peer 2 Peer learning ». C’est une formation participative qui permet aux étudiants de libérer toute leur créativité grâce à l’apprentissage par projets. Et en plus de tout cela, l’enseignement y est gratuit, une vraie révolution pour une école privée.


Initier dès le collège

Développer très tôt l’esprit d’entreprendre, c’est l’objectif de l’association100.000 Entrepreneurs, créée par Philippe Hayat en 2007 : donner aux jeunes l’envie d’entreprendre, en organisant des témoignages d’entrepreneurs au sens large (chefs d’entreprise, responsables associatifs, porteurs de projet...) dans les classes de collèges, de lycées et de l’enseignement supérieur. Une convention de partenariat a été signée avec le Ministère de l’Éducation Nationale, pour que ces interventions soient intégrées à la pédagogie.

Sergey Brin et Larry Page, les fondateurs de Google, sont passés par un système d’enseignement alternatif, dans l’une des écoles Montessori dont l’idée depuis leur création à Rome début 1900 est : «Aide-moi à faire seul ». Et si la clé de l’enseignement de l’entrepreneuriat c’était ça ?

Olivier Dasse-Hartaut
Le 29-03-2016
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