Juillet 2018


Notre idéal de liberté

BEST OF - Nous nous sommes tous exprimés en ce début d’année, dans la rue et/ou sur les réseaux sociaux, fiers de pouvoir agir librement et témoigner collectivement de notre effroi et de notre rejet de la violence. Quels que soient nos origines ou nos parcours de vie, nous sommes nombreux à avoir affirmé notre attachement à la liberté d’expression.

Avec l’attentat contre Charlie Hebdo, un symbole a été détruit. La liberté d’expression a été bafouée. Mais au-delà de la liberté d’expression, c’est bien la liberté tout entière, individuelle comme collective, qui a été mise à mal. Les fondements mêmes de notre République ont été ébranlés.

Nous devons — comme tout citoyen du monde – être en droit de penser et de nous exprimer librement. Penser, s’exprimer, et aussi entreprendre librement. Sans faire l’apologie d’un libéralisme dérégulé et irresponsable, le droit d’entreprendre nous semble également digne d’être promu et même parfois défendu.

L’élan collectif qui a succédé à la barbarie a été une bouffée d’oxygène. Une authentique bouffée d’espoir ! Oui, on peut encore se mobiliser massivement en France pour des idées, pour un idéal. Idéal encore flou, dont on ne sait pas encore de quoi il sera porteur, mais idéal qui permet déjà de déterminer ce que nous ne voulons pas pour notre pays.

Nous ne voulons pas d’entraves à la liberté. Nous rejetons le fanatisme. C’est l’esprit français, déjà défendu par Voltaire il y a trois siècles. « Craignons toujours les excès où conduit le fanatisme. Qu’on laisse ce monstre en liberté, qu’on cesse de couper ses griffes et de briser ses dents, que la raison si souvent persécutée se taise, on verra les mêmes horreurs qu’aux siècles passés ; le germe subsiste : si vous ne l’étouffez pas, il couvrira la terre. »[1]

Ce début d’année a montré que le germe avait subsisté et que la raison ne l’avait pas vaincu. Mais la raison doit encore pouvoir s’exprimer, par l’éducation et la tolérance. Par l’éducation à la tolérance, au travers du principe de laïcité.

Voilà l’idéal que nous partageons et qui doit guider nos actions.

Nous sommes des entrepreneurs, mais nous sommes avant tout des femmes et des hommes.

Nous sommes des entrepreneurs, mais nous sommes d’abord des citoyens désireux de laisser à leurs enfants un monde meilleur.

Avant d’être des acteurs économiques, nous sommes profondément attachés aux valeurs humanistes et républicaines. Mais c’est par l’économique que nous entendons, au CJD, porter ces valeurs. Par le combat pour l’emploi qui permettra à la jeunesse de se projeter dans un avenir. Par le combat pour la redynamisation de nos territoires, qui n’en laissera aucun de côté. Il n’y a pas de territoires perdus de la République, mais simplement des territoires à reconquérir.

Donner du sens et contribuer, à notre échelle, à retisser du vivre-ensemble : c’est la vocation du CJD depuis 1938. Vocation que nous entendons poursuivre.



[1] Voltaire, Avis au public sur les parricides imputés aux Calas et aux Sirven.

Richard Thiriet, président du CJD et Laurent Bazin, vice-président du CJD
Le 27-07-2015
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