Novembre 2018


Créer de l'emploi en France, c'est possible grâce à l'achat responsable !

© 1er- Plan, B. Astorg
BEST OF - Un pour cent supplémentaire d’achats réalisés par les grands groupes en direction des PME, et ce sont plusieurs milliers d’emplois qui sont créés ! La masse très importante d’achats réalisée par les grands groupes français constitue donc un réservoir énorme pouvant générer des milliers d’emplois. Et si nous utilisions ce formidable levier pour créer de l’emploi en France ?

Connaissez-vous le principe de Pareto[1] ? Ce principe ou « loi des grands équilibres », commu­nément appelée loi des 80/20, stipule qu’en moyenne, 80 % des richesses sont détenues par 20 % des personnes. Aujourd’hui, la ten­dance est à la concentration. Les groupes deviennent de plus en plus grands ; certains comptent plusieurs centaines de milliers de salariés. Ce phénomène tend à remettre en cause le principe de Pareto : la répartition des richesses va inexora­blement vers une tendance à 85/15 puis à 90/10, voire à 95/5.

MASSIFICATION ET CONCENTRATION

Bien que « vertueux » pour les mar­chés, cette tendance ne permet pas la création d’emplois en France. La stratégie de massification qui consiste à réduire le nombre de fournisseurs référencés contribue techniquement à limiter le poten­tiel de création d’emploi dans les PME. L’effet produit est celui de la concentration qui amène les grandes entreprises à devenir de plus en plus grandes et les petites de plus en plus petites.

Une partie des marchés obtenus par les sociétés référencées est certes sous-traitée à des PME, ce qui contribue à maintenir une partie de l’emploi. Mais cela se fait au prix d’une détérioration de marge pour la PME (ce qui lui retire une partie de sa capacité d’investissement). De même, cela retire à la PME son contact direct avec le client « final », lui ôtant par là même sa capacité d’anticipation dont chacun sait qu’elle est nécessaire pour permettre l’investissement en général et humain en particulier.

REVENIR AU PRINCIPE DU 80/20

En partant de ces constats, l’idée que nous cherchons à promouvoir est d’une rare simplicité : appeler chaque acheteur à réaliser au moins 20 % de ses achats (dans chaque famille d’achat) auprès de PME. En lançant cette initiative, chaque entreprise acheteuse, chaque branche, chaque acheteur, contribuerait ainsi à créer de nombreux emplois et à redynamiser notre tissu entrepreneurial territorial.

Dans une logique de développement durable, ne pas respecter le principe de Pareto, c’est appauvrir le tissu lo­cal des TPE/PME. En tarissant cette source essentielle à notre économie, nous participons collectivement à réduire le pouvoir d’achat des Fran­çais qui sont les consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Plus de chômage, c’est une consommation en berne… et donc moins de clients potentiels locaux pour toutes nos entreprises. Bref, une logique per­dant/perdant.

APPEL À L’ACHAT RESPONSABLE

Avec notre proposition, il s’agit donc de passer d’un cercle vicieux à un cercle vertueux, et ce sans difficulté majeure, ni besoin de légiférer. Nous appelons donc tous les acheteurs à réserver à minima 20 % de leurs marchés aux TPE-PME.

Très concrètement pour les entre­prises acheteuses, cela signifie :

  1. D’abord, accorder 20 % des achats aux fournisseurs non référencés (pour favoriser l’émergence de nouvelles entreprises dynamiques).

  2. Ensuite, tailler le plus de lots pos­sible de manière à ce que les petites entreprises puissent également répondre.

  3. Enfin, établir annuellement un tableau des effectifs des fournis­seurs au 1erjanvier et 31 décembre en France et à l’étranger. Chacun pourra ainsi évaluer et juger la poli­tique d’emploi de ses fournisseurs.

TOUS VIVANTS DANS UN ÉCOSYSTÈME, TOUS ACTEURS DU CHANGEMENT

La création d’emploi est une préoc­cupation qui doit mobiliser chaque citoyen. Ce serait un très fort élé­ment de motivation pour un acheteur que de contribuer concrètement à ce combat. Souvenons-nous de ce chiffre, 100 000 € d’achats d’une TPE-PME revient à créer un em­ploi… Combien de centaines de mil­liers d’euros sont dépensées chaque année par chaque acheteur ? Com­bien d’emplois seraient ainsi créés ?

On dit qu’un simple battement d’ailes de papillon peut déclencher une tor­nade à l’autre bout du monde. L’effet papillon pour la création d’emplois pourrait bien être l’application aux achats du principe de Pareto. L’effet papillon fonctionne pour la protec­tion de l’environnement ; nous avons aujourd’hui la possibilité de l’utiliser positivement pour dynamiser nos territoires.

Nous sommes tous impliqués dans cette démarche : acheteurs, chefs d’entreprise, consommateurs. Initier ce cercle vertueux, c’est entrer dans des logiques de pérennité, d’innova­tion commune et de progression du pouvoir d’achat. Parions sur l’effet papillon !



[1]Le principe de Pareto doit son nom à l'économiste italien Vilfredo Pareto (1848- 1923) qui analyse les données fiscales de l'Angleterre, la Russie, la France, la Suisse, l'Italie et la Prusse pour remarquer partout un phénomène similaire dans la répartition des richesses. Le qualiticien Joseph Juran utilise en 1954 l'expression « principe de Pareto » pour signifier qu'environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes. Aujourd’hui, il est courant de trouver l’ap­plication de ce principe empirique à des domaines très différents en gestion : gestion des stocks, des ventes, de projet, de la production… Les consultants en développement personnel l’appliquent même à la gestion du temps !


Yann Trichard, membre du Bureau National du CJD
Le 31-12-2015
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