Novembre 2018


Construire une nouvelle société basée sur l’humanisme

Certains pensent que l’Histoire « se répète », ou au moins qu’elle « bégaie ». En lisant l’article paru dans le Monde consacré au congrès national du CJD en 1990, on ne peut s’empêcher de se dire que si nous avons objectivement l’impression que rien ne change, c’est tout simplement… parce que rien n’a changé.

Oui, rien n’a changé depuis 25 ans. La situation a même empiré. Quand Alain Brunaud, président du CJD en 1990, affirme qu’«on ne fait pas fonctionner la société à l’endroit », que les organisations qui sont chargées de faire fonctionner notre démocratie « se déconnectent » de la base, que les syndicats sont bousculés dans leur rôle de représentants, que l’abstentionnisme et l’extrémisme minent les partis traditionnels, nous pouvons légitimement penser que le temps s’est comme figé à la fin des années 80. Et peut-être même avant.

La « politique » responsable de ce sur-place à un nom : l’immobilisme. Résignation, obsession de se faire réélire, incompétence, autosatisfaction, peur de l’avenir ou simplement de déplaire, absence de vision, cynisme… les raisons de ne rien faire ont été nombreuses. Elles expliquent l’état actuel de notre société.

Depuis une trentaine d’années pourtant, le CJD tire la sonnette d’alarme, propose des pistes de solutions, les expérimente, les porte dans les lieux de décisions. Mais rien ne bouge. Aujourd’hui, le statu quo n’est plus tenable. Ça craque de partout. Économiquement et socialement. Il faut donc agir. Face à la montée des communautarismes et au déclin de notre économie, face aux extrémistes qui instrumentalisent la misère contre une démocratie fragilisée et désignent des boucs émissaires, notre salut réside dans la réaffirmation des principes fondateurs de notre République.

Laïcité, qui n’est pas la négation des religions, mais le cadre nécessaire dans lequel elles s’inscrivent dans l’espace public.

Liberté de penser, de s’exprimer, mais aussi de dialoguer, d’entreprendre.

Notre pari à nous dirigeant est de donner vie à ces principes, dans l’entreprise, pour construire une « nouvelle société basée sur l’humanisme ». Parce que l’entreprise est un lieu d’apprentissage et le creuset de la citoyenneté. Parce que« c’est dans l’entreprise que se réalise la meilleure intégration, en résolvant les problèmes concrets », pour reprendre les propos d’un autre président du CJD, Jacques Chaize.

« Trouver une autre réponse que la lutte des classes à la contradiction entre objectif économique et objectif social » : c’est par ces mots qu’Alain Brunaud définissait en 1990 la vocation du CJD. Cette réponse, nous tentons de l’apporter depuis des décennies. Nous espérons enfin la voir reconnue par les responsables politiques de notre pays. Ne serait-il pas déplorable que cette tribune soit encore d’actualité en 2045 ?


Richard Thiriet, président du CJD et Laurent Bazin, vice-président du CJD
Le 23-02-2015
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