Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Imaginons l’entreprise connectée de demain !

Demain, le CJD organise une grande journée de réflexion et d'échanges autour de la "Juste connexion". L'occasion d'une tribune de Laurent Bazin, vice-président du CJD.

Et si l’entrepreneuriat était avant tout l’envie et le plaisir d’entreprendre ? Plus que la simple volonté de créer une entreprise, entreprendre est avant tout une fantastique expérience de vie. La création de l’entreprise n’est en effet qu’une étape (certes fondamentale) dans notre parcours d’entrepreneurs.

La notion d’entrepreneuriat, définie par la Commission européenne en 2006, conforte cette idée : « L’esprit d’entreprendre se réfère à l’aptitude d’un individu à passer des idées aux actes. Il suppose de la créativité, de l’innovation et une prise de risques, ainsi que la capacité de programmer et de gérer des projets en vue de la réalisation d’objectifs. Cette compétence est un atout pour tout le monde… »

Cette définition de l’entrepreneuriat permet d’éviter l’écueil qui consiste à assimiler entrepreneuriat et création de microsociétés, finalement peu créatrices d’emploi. Plus largement, entreprendre, c’est véritablement une expérience existentielle, source d’épanouissement dans l’entreprise et dans la vie.

Cette définition de la Commission européenne fait de surcroît référence la notion de risque. C’est certainement ce risque, ou l’audace — thème repris au cours de notre congrès de Lille — qui génère ces sentiments d’envie et de plaisir. Le risque : une notion qui s’oppose à notre sacro-saint principe de précaution. En France, on se réfère constamment à ce principe qui annihile tout désir d’entreprendre.

J’en veux pour exemple cette simple constatation tirée de mes dernières vacances : l’exemple de deux plages. L’une au Portugal, ou tout est possible : les emplacements de kitesurf, surf et autres activités nautiques sont naturellement et sous la responsabilité de tous, délimités par l’usage et le bon sens. Les enfants sont libres d’utiliser leur cerf-volant, ballon et autres jeux de plage. L’autre, une plage de plusieurs kilomètres en France, où tout est réglementé : pas de cerf-volant, pas de kitesurf ni de planche de surf ou bodysurf en dehors des horaires de surveillance de la plage… Raison invoquée : le respect du principe de précaution. Résultat : les jeunes délaissent la plage.

L’entrepreneuriat souffre de ce même phénomène. À ne plus pouvoir prendre de risque, on conforte l’attentisme, la dépendance et l’immobilisme. Comment dépasser alors notre incapacité chronique d’innover et de travailler autour de projets ? Comment inventer, reconstruire, imaginer un métier, une fonctionnalité, des solutions ?

Par chance de plus en plus de jeunes diplômés s’intéressent à la création d’entreprises et plus généralement à l’entrepreneuriat. Les causes sont nombreuses : l’existence de success-stories allant de Microsoft à Facebook, l’engouement autour du numérique, le désintérêt pour la fonction de cadre dans les grandes entreprises, ou encore la recherche d’une plus grande liberté d’action et de pensée. Cet intérêt pour l’entrepreneuriat trouve aussi sa source dans une recherche personnelle de sens et dans la volonté de prendre en main son destin. Comment se sentir en harmonie avec le monde ? Par la création d’activités nouvelles, qui permet souvent de concilier aventure personnelle et intérêt général, au travers de modèles économiques aussi innovants que vertueux, par exemple le développement de l’usage et de la co-élaboration.

Un double défi se présente à nous : satisfaire ce besoin de donner du sens à sa vie et répondre à une pénurie de talents dans nos entreprises. Le CJD doit montrer la voie et relever ce défi en créant, dans l’esprit de l’École 42 fondée par Xavier Niel, une formation à destination des jeunes. L’idée n’est pas de dispenser un programme pédagogique sous forme magistrale, mais d’intégrer ces jeunes dans nos entreprises, de les associer à notre mouvement en les impliquant dans la gestion de projets créatifs et collaboratifs. Ces projets auraient pour principale vocation le développement numérique de nos activités.

Conjuguons ainsi nos envies et nos besoins afin d’imaginer l’entreprise connectée de demain.


Laurent Bazin, vice-président du CJD
Le 19-03-2015
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