Novembre 2018


Quelle place pour la France sur le marché international des soins ?

En 2013, on comptait seulement 8 900 touristes médicaux en France. France Stratégie avance des pistes pour capter le potentiel d’un marché qui est encore sous-exploité.

Le nombre de patients qui se rendent à l’étranger pour recevoir des soins serait passé de 7,5 millions en 2007 à 16 millions en 2012. Ce marché mondial est aujourd’hui estimé à 60 milliards d’euros.La France pourrait jouer un rôle majeur sur le marché international des soins, car elle possède de nombreux atouts :

  • - la qualité de ses soins : en 2000, l’OMS jugeait le système de soins français comme le meilleur au monde ;
  • - le temps d’attente pour l’accès aux soins : il est inférieur à quatre mois pour 93 % des opérations chirurgicales ;
  • - des tarifs compétitifs : les tarifs appliqués en France sont compétitifs par rapport à ceux des pays offrant une qualité de soins similaire (États-Unis) ;
  • - des compétences prisées à l’étranger : expertise en santé publique, en gouvernance, en gestion des risques, en architecture hospitalière, etc. ;
  • - un réseau international important : les partenariats existants entretiennent notre bonne réputation et permettent de répondre plus facilement aux appels d’offres ;
  • - une offre touristique bien développée : la France possède déjà un grand nombre d’infrastructures pour des vacances bien-être.


  • Aujourd’hui, le tourisme médical ne représente que 0,1 % du nombre de patients admis en médecine, en chirurgie ou en obstétrique (environ 8 900 personnes). Pourtant, répondre à la demande mondiale serait pour la France une source de revenus et d’emplois (santé, hôtellerie et restauration) et permettrait d’améliorer les techniques existantes et donc le service rendu aux patients résidant en France. Aussi, France Stratégie identifie quatre actions à mener.


  • 1 - Prendre en compte les difficultés liées à l’accueil des patients non résidents.

  • - Le développement du tourisme médical doit permettre d’améliorer les services rendus aux assurés sociaux et ne pas entraîner un système à double vitesse qui fragiliserait l’accès aux soins.
  • - Une réflexion doit être menée sur l’application de tarifs spécifiques aux patients non résidents et sur la répartition des recettes. Aujourd’hui, la surfacturation pour les patients non résidents semble faible et la répartition des recettes peut accroître les disparités entre les hôpitaux attractifs et les autres.
  • - Les hôpitaux français doivent pouvoir pratiquer une activité commerciale afin de favoriser leur développement international. L’article 42 du projet de loi pour la croissance et l’activité devrait permettre de lever les obstacles existants.


  • 2 - Allier l’accueil encadré de patients non résidents et la vente de services.

  • - Il faut organiser l’hôpital pour qu’il puisse répondre à l’attente des patients non résidents sans remettre en cause le principe d’égalité dans l’accès aux soins et la qualité des traitements. Les hôpitaux français doivent agir de manière concertée pour organiser « la vitrine des compétences » de notre système de santé. Comme en Belgique, la France pourrait miser sur des pathologies bien prises en charge dans certains établissements qui deviendraient des centres de référence.

  • - Les hôpitaux doivent pouvoir proposer d’autres services : gérer la préparation du séjour (visas, transport, etc.), suivre les patients avant et après l’acte médical (services de traduction, suivi post-opératoire, etc.) et répondre à des demandes de devis dans des délais serrés.


  • 3 - Favoriser le développement de l’activité médicale et de conseil à l’étranger.

    La captation des flux de patients passe en grande partie par la « présence » des hôpitaux hors des frontières. La France possède le savoir-faire pour répondre aux demandes des « États émergents » qui cherchent à mettre sur pied des systèmes de soins plus accessibles et efficaces. Il faut encourager les prestations de services à l’étranger et envoyer du personnel soignant et administratif français dans les hôpitaux concernés pour garantir l’excellence des soins dispensés et renforcer les liens entre les hôpitaux. La mise en place d’une stratégie de développement à l’étranger pourrait reposer également sur la création d’une accréditation « Santé France » ; des programmes de formation courts et pointus destinés aux professionnels de santé étrangers ; et une offre de deuxième avis médical (recherché par les patients et par le corps médical).


  • 4 - Miser sur le tourisme du bien-être dans les régions.

    La France est une destination touristique prisée et dispose déjà de villes d’eaux, de spas et d’infrastructures hôtelières développées. La filière des vacances bien-être devient attractive avec le vieillissement, les maladies chroniques, les problèmes de santé liés au stress et la volonté croissante de prévenir les maladies. Dans cette optique, il faut promouvoir les régions de France comme destinations de bien-être et de détente sous le prisme de la santé.


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La rédaction
Le 24-03-2015
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