Juillet 2018


Affaire Vivarte : pédagogie à faire

Je ne supporte plus le traitement médiatico-politique faite autour de la rémunération de l’ex-dirigeant du Vivarte. La tarte à la crème proposée par les médias et quelques politiques incultes en la matière n’autorisent plus personne à faire un peu de pédagogie sur le sujet.

Pourtant, si les montants peuvent surprendre, la mécanique qui les accompagne l’est beaucoup moins et fait l’objet d’une transparence toute particulière. Sur le montant tout d’abord, il faut savoir que la rémunération fixe d’un mandataire social est cadrée et décidée en Conseil d’administration (je vais y revenir) et que tout ce qui est variable comme des bonus, une prime d’arrivée et de sortie, actions de performance ou encore retraite supplémentaire sont proposées en Assemblée générale des actionnaires, votées par celle-ci et formalisées par une convention réglementaire adossée au rapport annuel de l’entreprise dans lequel apparaît la rémunération des mandataires sociaux.

Donc la surprise n’est pas permise.

Il faut aussi se rappeler que tout ce beau monde donne mandat au Directeur Général pour mener la stratégie qu’il propose et qui est acceptée par tous et dont les résultats sont attendus a posteriori.

C’est là que le Conseil d’Administration est censé jouer son rôle, car il est le garant de l’intérêt social de l’entreprise et des bonnes règles de gouvernance de celle-ci. Au soupçon de collusion entre administrateurs, je rappelle que beaucoup d’entreprises ont en leur conseil des administrateurs aussi variés comme les représentants des actionnaires, les représentants des salariés, les représentants des fonds d’investissement s’il y en a. Et il y en a chez Vivarte.

Bref une diversité d’acteurs qui, s’ils n’ont pas tous la même finalité, ont tous le même objectif et un intérêt à ce que cela fonctionne. Ce conseil d’administration a en charge de challenger et de valider la stratégie proposée par l’exécutif et de s’assurer régulièrement que celle-ci soit suivie et maintenue. Il doit anticiper les risques, interpeller, recadrer voir révoquer l’exécutif si nécessaire. Il en va de sa responsabilité civile, voire pénale.

Donc personne ne peut s’exonérer de la situation, tout le monde sait ce que gagne le DG de Vivarte et tout le monde est complice de ses réussites comme de ses échecs. Alors il est trop facile de jeter aux loups un homme qui dans le cadre d’un contrat de droit vis-à-vis de la société qui l’emploie, a mis en œuvre une stratégie hasardeuse que tout le monde a cautionné et qui malheureusement n’a pas donné les résultats attendus.

Je voudrais aussi rappeler que tous les jours des TPE ou des PME déposent le bilan suite à un Prud’homme perdu et qui, suite à l’imposition d’une sanction financière allant pour un montant — comme dans le cas de Vivarte — de un à deux ans de salaire, anéantit une entreprise, détruit la vie de l’entrepreneur et met au chômage les collaborateurs restants. Ça n’émeut personne !

Aussi indécent que puisse paraître le montant aux yeux des salariés, les médias seraient vertueux de faire un peu de pédagogie et de démystification. Les politiques devraient s’abstenir de régenter le Privé alors qu’ils sont en difficulté dans la gestion du Public.

Et il est nul doute que malgré la situation de Vivarte, le dirigeant actuel, celui qui a accepté de relever le challenge, n’ai pas accepté le job avec comme seule promesse le salaire d’un cadre, et du goudron et des plumes si ça ne marche pas.

À ne parler que des 2 ou 3 millions d’euros d’un dirigeant, on en oublie que la moyenne de rémunération d’un chef d’entreprise en France est de 4700 € par mois.

Christophe Praud, directeur de la publication
Le 13-04-2015
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