Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Le déclic pour entreprendre, c'est l'envie de s'accomplir

Lorsque l’on est issu d’une famille d’entrepreneurs, il n’est pas rare que l’entrepreneuriat se remémore à nous, par des rappels plus ou moins vifs, plus ou moins récurrents. Pourtant, ce que Julien Leclercq voulait faire, lui, c’était journaliste.

Parfois la démarche journalistique et la démarche entrepreneuriale se rejoignent. Pour Julien, les deux mondes se sont rencontrés plusieurs fois. À l’âge de 10 ans par exemple lorsqu’il a créé son propre journal (« Plein Foot »), qu’il vendait pour quelques pièces à sa famille. Quelques années plus tard, fort de cette première expérience, il se lancera dans la conception d’un journal pour le collège puis pour le lycée. Entre temps, à 11 ans, il contactera les Éditions Hachette pour qu’ils publient son premier roman… Ça ne fonctionnera pas, mais la vie d’auteur, qu’elle soit d’articles ou de romans, est à l’image de la vie entrepreneuriale : elle est aussi faite d’échecs.

La seconde fois que journalisme et entreprise vont se rattraper pour Julien, c’est dans la société familiale, en l’occurrence celle de sa mère. Fondée en 1999, elle édite alors deux magazines, l’un pour le compte d’un client, l’autre pour l’entreprise sur le thème du changement de vie. Convaincue du talent de Julien, sa mère l’embauche aux belles heures du magazine comme… journaliste. Malheureusement, un an plus tard, le titre s’effondre et Julien se retrouve au chômage. Ce n’est que partie remise : 4 mois plus tard, l’entreprise trouve un second souffle et de nouveaux clients auxquels elle propose désormais du conseil et un service d’édition. Julien retrouve alors l’agence comme journaliste et rédige des articles à destination principalement de magazines jeunesse.

En 2006, un premier déclic intervient chez Julien. Il s’ennuie. Il lui manque quelque chose. L’envie naît donc d’emmener l’entreprise sur de nouveaux secteurs : l’édition de sites web, l’événementiel, le digital ou encore le street marketing… Sa mère lui fait confiance et rapidement l’entreprise se diversifie. Malheureusement pas assez vite, car en 2008, la crise frappe de plein fouet l’agence. Et c’est parce que les salariés acceptent au début de l’année 2009 de diminuer leurs salaires de 15 % et que Julien, sa femme et d’autres acceptent chacun d’investir pour que l’entreprise sorte la tête de l’eau. Les difficultés ne s’arrêtent pas pour autant : en 2010, la mère de Julien tombe malade et c’est quasiment du jour au lendemain qu’il doit reprendre le flambeau.

Problème, la plupart des contrats sont intuitu personae. Julien doit s’affirmer dirigeant. Second déclic, il prend son bâton de pèlerin et s’en va convaincre les clients un par un. Et ça marche. Dès la première année, la croissance est au rendez-vous : +35 % pour l’entreprise. Pour maintenir cette croissance, l’agence poursuit sa diversification sur de nouveaux métiers, et pour y parvenir, forme massivement ses collaborateurs. L’objectif est simple : permettre à chacun de revenir au même salaire qu’en 2009 et surtout, faire grandir l’agence. Plus qu’un enjeu de salaire, l’entreprise travaille aussi à développer le bien-être de chacun. En effet, pour attirer les talents, pour l’essentiel formés et en poste à Paris (où se situe la quasi-totalité des entreprises agissant sur le même métier), il faut leur permettre de trouver dans le Lot-et-Garonne quelque chose qu’ils n’ont pas dans la capitale : une qualité de vie supérieure. Quitte à toucher un salaire parfois deux fois inférieur. La dernière initiative en date est la création d’une 6° semaine de congés payés.

Pour Julien, le déclic ou plutôt l’envie d’entreprendre était là dès l’enfance, et s’est rappelé tout au long de sa vie. Il le résume par ces mots : « le déclic pour moi, c’est avant tout l’envie de s’accomplir, en portant un projet avec à la fois la curiosité très forte de voir ce à quoi ce projet peut aboutir et la fierté de le voir s’accomplir ».

Antoine Pivot
Le 28-04-2015
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