Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Les bienfaits du désordre

Nassim Nicholas Taleb poursuit son exploration de l’incertain et d’un monde où le « cygne noir » – le titre de son ouvrage le plus connu – peut apparaître, c’est-à-dire un événement imprévu et improbable, tel un tsunami inouï comme à Fukushima, qui survient et met à mal tous les projets, toutes les prévisions. L’auteur s’applique ici à décrire une qualité que nous pouvons développer pour surmonter les coups du sort : l’antifragilité.

Il s’agit, à rebours de la fragilité, non pas simplement d’être résistant aux chocs, à l’accident, mais de se nourrir de l’imprévu. Par exemple, si une tasse en porcelaine est fragile, la nature qui utilise la diversité est antifragile : elle a surmonté d’innombrables crises en se réinventant.

Au passage, Taleb critique sévèrement la pensée dominante, par son indéfectible tendance à l’optimisation, la réduction des redondances, la complexification des systèmes, l’interventionnisme à tout va (médical, économique, politique), qui tend à bâtir une société fragile, vulnérable donc à des événements de type « cygne noir ». Au contraire, il nous sensibilise à la pertinence d’une pensée que nous jugeons parfois archaïque, issue de la tradition et de nos ancêtres, une pensée polie par le temps qui n’a pas été filtrée par les grilles Excel des consultants.

L’auteur signe ici un ouvrage foisonnant, réjouissant par son énergie parfois débridée et très inspirant par le regard différent qu’il nous invite à porter sur le monde et sur les activités humaines.


Nassim Nicholas Taleb, Antifragile, Les Belles Lettres, 2013.


Laurent Quivogne
Le 15-05-2015
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