Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Chronique d’une farce médiatique

Si on reprend calmement les ingrédients de l’affaire « Valls », nous avons tous les ingrédients pour nous énerver. Notre Premier Ministre a tout à fait le droit d’aller voir un match de foot à Berlin. Nul doute que ses journées sont longues et que la pression est grande. Donc pas de soucis, il peut se détendre de temps en temps.

Mais pour le reste…

1 – L’idée d’aller voir un match de foot aux frais du contribuable. Alors que la transparence est de mise aujourd’hui, que les médias s’emparent facilement de ces affaires et que certains pays comme les Pays-Bas nous montrent la voie en matière d’usage des deniers publics, comment peut-on encore s’autoriser un tel écart avec l’argent public, cet argent qu’il nous faut pour partie aller chercher sur les marchés au prix d’un accroissement de la dette. C’est manquer de discernement et de respect. Une erreur et une faute à la fois.

2 – L’idée de mentir. C’est vraiment prendre le Français lambda pour une truffe que de nous sortir l’alibi d’une réunion avec Michel Platini pour parler de l’EURO 2016, pour lequel Matignon n’a plus aucun rôle à jouer. Notre Premier Ministre est entouré de conseillers qui pensent qu’aujourd’hui, un Premier ministre peut raconter n’importe quoi alors qu’il est devenu quasi impossible pour un personnage public de mentir sur un élément aussi scruté que l’agenda. Mettre une semaine pour faire repentance me semble être long. C’est là aussi un manque de discernement et de compétences.

3 – L’idée de faire venir ses enfants. J’ai adoré l’argument qui consiste à expliquer que comme l’avion fait de toute façon le trajet, ça ne coûte rien. Moi je peux vous assurer que la dernière fois que j’ai pris l’avion, j’ai invoqué ce même argument auprès de la personne chargée de m’enregistrer : "mais Madame, votre Strasbourg – Paris va de toute façon faire le trajet et il vous reste quelques places, alors offrez-moi une place !". Rien n’y fait, je dois payer. De plus, si je fais passer un billet d’avion pour un de mes enfants sur le compte de ma société pour aller voir un match de foot auquel j’aurais invité des clients au titre de leur fidélité, nul doute que le fisc aurait ausculté la légitimité de ma démarche vis-à-vis des clients. Et le redressement concernant le billet de mon enfant serait automatique. C’est là encore un manque de discernement et une insulte pour le citoyen lambda.

4 — Concernant le traitement médiatique de cette frasque, nous avons oscillé entre une presse docile, des soutiens approximatifs et un matraquage des amnésiques de l’opposition. L’image des politiques n’est pas sortie grandie. Objectivement, le comportement du Premier ministre est fautif et elle mérite d’être sanctionnée. Or l’idée d’une sanction n’est point envisagée. C’est un manque de discernement et une marque de mépris.

Bien sûr que nous comprenons, Monsieur le Premier Ministre, que vous aviez envie d’aller voir votre équipe favorite jouer la finale de Champions League à Berlin, et personne ne vous en voudra pour cela. Il aurait juste fallu « poser deux jours » comme des millions de Français et non entretenir cette confusion entre vie privée et vie professionnelle. Ainsi vous vous seriez rendu compte qu’utiliser le jet de la « société » vous était interdit.


Christophe Praud, directeur de la publication
Le 1-07-2015
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