Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


La distorsion du jugement

Irene Scopelliti
Une équipe de chercheurs, dirigée par une Professeur de la Cass Business School, a constaté que la plupart des personnes pensent être moins injustes que les autres. Les psychologues appellent cette tendance systématique à surestimer notre propre impartialité The bias blind spot (La distorsion du jugement).

La recherche, publiée dans la revue universitaire Management Science, s'est portée sur l'omniprésence de la distorsion du jugement et les conséquences néfastes qu'elle peut avoir sur la prise de décision d'une personne.

Le Docteur Irene Scopelliti, maître de conférence en marketing à la Cass Business School, City University de Londres et auteur principale de la recherche, a déclaré : « Nous avons élaboré un questionnaire afin de mesurer à quel point les personnes pensent être moins partiales que les autres quant à divers préjugés influençant la prise de décision. Nous avons observé avec étonnement qu'un seul participant sur 661 s'estimait plus partial que l'individu moyen ».

La distorsion du jugement est indépendante de l'intelligence et des traits de personnalité liés à l'estime de soi, l'autovalorisation et l'image de soi, elle semble être une caractéristique distincte.

Pourquoi la distorsion du jugement est-elle importante et de quelle manière peut-elle concrètement affecter les entreprises ?

Tout d'abord, la distorsion du jugement détermine la précision avec laquelle nous mesurons nos propres capacités. La recherche a révélé que lorsque les personnes évaluent leurs propres capacités par rapport aux autres, elles ont tendance à penser qu'elles sont au-dessus de la moyenne quant à leur aptitude à accomplir des tâches aisées (p. ex. utiliser une souris d'ordinateur), mais en dessous de la moyenne pour des tâches plus ardues (par exemple jongler).

Irene Scopelliti et ses collègues de l'université de Boston, de l'université de Carnegie Mellon et de l'université du Colorado, ont découvert que plus les personnes sont sujettes à la distorsion du jugement, moins elles évaluent avec précision leurs propres capacités par rapport aux autres.

Deuxièmement, la distorsion du jugement affecte notre propension à accepter des conseils. Ainsi, la recherche très poussée a révélé que l'intégration de conseils émanant d'autres personnes à nos propres jugements améliore généralement la qualité de notre prise de décision. Toutefois, les participants présentant une partialité inconsciente élevée sont plus susceptibles d'ignorer les conseils et sont beaucoup moins susceptibles de revoir leurs propres évaluations sur la base des commentaires d'une autre personne.

Enfin, la distorsion du jugement a un impact sur l'efficacité des pratiques visant à améliorer les décisions et à réduire la partialité au sein des sociétés et des organisations. L'étude a montré que les personnes présentant une distorsion du jugement élevée sont moins réceptives aux formations et sont donc moins susceptibles d'améliorer la qualité de leurs décisions.

Irene Scopelliti conclut : « Notre recherche a révélé que le degré d'ignorance qu'une personne de sa propre partialité influence de manière importante la qualité de la prise de décision. La distorsion du jugement constitue un obstacle majeur empêchant les personnes d'améliorer leur prise de décision. Les personnes les plus enclines à penser qu'elles sont moins partiales que les autres sont moins précises lorsqu'elles évaluent leurs capacités par rapport aux autres, elles écoutent moins les conseils et sont moins susceptibles d'apprendre lors de formations qui les aideraient à porter des jugements moins partiaux. »


Cass Business School
Le 16-05-2016
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