Novembre 2018


Artistes et entrepreneurs : une quête commune ?

Jadis opposés, le monde de l’art et celui de l’entreprise offrent aujourd’hui une multitude de passerelles. C’est ce constat qui pousse Richard Thiriet, président du CJD, à s’interroger : et si l’artiste et l’entrepreneur étaient mus par un même besoin de libération ?

Donner du sens

Cette année le bac Philo a proposé le sujet suivant : « une œuvre d’art doit-elle toujours avoir un sens » ? Cette question du sens de l’œuvre d’art se pose pour le néophyte. Combien de fois s’interroge-t-on devant l’œuvre d’art sans comprendre ce que l’artiste a voulu exprimer ? Et pourtant le sens est bien là ; le commentaire du sachant rend plus explicite et abordable l’œuvre. Des fresques de la grotte de Lascaux aux installations propres à l’art contemporain, le point commun de toute production artistique est donc bien de construire du sens, de dire quelque chose sur le monde.

On compare souvent l’artiste et l’entrepreneur… Eh bien le rôle de l’entrepreneur, c’est en premier lieu donner du sens à l’entreprise, à l’ensemble des parties prenantes. L’entreprise doit d’abord faire sens dans son environnement économique : une offre doit rencontrer une demande exprimée ou un besoin latent du client. Elle doit ensuite faire sens pour ses collaborateurs, en leur proposant des perspectives d’avenir, un lieu propice à leur développement professionnel et à leur bien-être. Enfin, l’entreprise doit faire sens pour la société tout entière, en entretenant des relations fécondes avec le territoire qui l’accueille.

L’entrepreneur a donc à expliquer, à convaincre, à motiver, à embarquer les parties prenantes dans l’aventure de l’entreprise. L’art peut aider l’entreprise à renforcer les liens que l’entrepreneur cherche à tisser.

Oser rapprocher l’art de l’entreprise pour libérer les énergies

Aujourd’hui, la quête de l’accomplissement personnel et du plaisir devient une préoccupation essentielle chez les individus, notamment au travail. Or cette quête est celle de l’artiste depuis des millénaires. L’art est un puissant vecteur d’émotions. Tourner vers un même objectif de bien-être, l’artiste et l’entrepreneur ont cette possibilité de vivre — et surtout de faire vivre — des émotions semblables. Comment ? En sortant du cadre, en prenant de la hauteur sur un sujet donné. Ce recul, ce décalage, ce recours à l’imagination sont le propre du processus de création artistique.

Et l’entrepreneur ? Il fait exactement pareil, pour libérer son énergie, pour libérer les énergies. Car si nous percevons tous chez l’artiste le besoin viscéral de se libérer en créant, nous n’imaginons pas à quel point il en va de même pour l’entrepreneur. L’entreprise est son œuvre. Certains serial-entrepreneurs éprouvent même ce besoin de créer sans cesse, donnant raison au plus grand peintre du XXe siècle : « Tout l’intérêt de l’art se trouve dans le commencement. Après le commencement, c’est déjà la fin » (Pablo Picasso). Créer, créer sans cesse… voilà la clé. C’est quand le travail est créateur qu’il peut apporter l’épanouissement.


Richard Thiriet, Président national du CJD
Le 8-07-2015
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