Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Le plaisir et la morale

Philosophe utilitariste, Jeremy Bentham (1748-1832) livre dans cet extrait un des fondements de sa doctrine. Pour lui,les individus ne conçoivent leurs intérêts que sous le rapport du plaisir et la peine. Ils cherchent à « maximiser » leur plaisir, exprimé par le surplus de plaisir sur la peine. Il s’agit pour chaque individu de procéder à un calcul hédoniste. Chaque action possède des effets négatifs et des effets positifs, et ce, pour un temps plus ou moins long avec divers degrés d’intensité. Il s’agit donc pour l’individu de réaliser celles qui lui apportent le plus de plaisir.

“La nature a placé l’humanité sous l’autorité de deux maîtres absolus: le plaisir et la douleur. Il n’appartient qu’à eux de désigner ce que nous avons à faire comme de déterminer ce que nous ferons. Le critère du vrai et du faux comme l’enchaînement des causes et des effets sont assujettis à leur domination. Ils nous commandent dans tout ce que nous faisons, disons et pensons, et tout effort pour échapper à leur emprise ne sert qu’à en démontrer et à en confirmer la réalité. On peut prétendre en paroles se soustraire à leur empire alors qu’en fait on y reste soumis au moment même où on le prétend. Le principe d’utilité reconnaît cette sujétion et en fait le fondement du système dont l’objectif est d’élever l’édifice du Bonheur à l’aide de la raison et de la loi…
Par utilité on entend la possession de tout objet grâce auquel on tend à obtenir un profit, un avantage, un plaisir, un bien ou le bonheur (ce qui dans le cas présent revient au même) ou (ce qui revient également au même) à prévenir un échec, une peine, un mal, ou le malheur de qui que ce soit, qu’il s’agisse de la société en général ou de l’individu…”
On peut dire d’une action qu’elle est conforme au principe d’utilité ou plus simplement qu’elle est utile (relativement à la société en général) lorsque sa tendance à accroître le bonheur de la société est supérieure à ce qui le diminue”.


Jeremy Bentham, Principes de morale et de législation (1780), chap. I, 1, 8

Jeremy Bentham
Le 12-11-2015
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