Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Emmanuel Macron : un OVNI politique

Vous le savez peut-être si vous avez lu mes précédentes tribunes, je suis volontiers critique avec ceux qui nous gouvernent. Je suis critique quand je le juge nécessaire. Mais je sais aussi féliciter quand quelque chose de positif attire mon attention.

Aujourd’hui, j’ai envie de dire ouvertement ce que je pense d’Emmanuel Macron. Car après notre président de la République, je pense que c’est lui qui fait l’objet du plus grand nombre de reportages ou d’articles. Il cristallise l’attention des médias et la colère de certains. Une loi porte son nom. La maire de Lille et les frondeurs l’ont en ligne de mire. Son passé de banquier et sa probable fortune lui sont constamment jetés à la face.

Ma contribution sera modeste et son aura probablement minime, mais je tiens à la porter. Je trouve que ça fait bien longtemps que notre paysage politique n’a pas fait émerger une telle météorite publique. Emmanuel Macron s’affranchit, toujours en avançant, des codes politiques, des clivages ancestraux et des petites phrases nauséabondes qui guident encore nos vieux politicards.

En avançant et en ne faisant que cela, même s’il doit parfois un peu reculer. Il ne semble avoir peur de rien ni de personne. Il n’a pas de carte politique et fait de la politique comme je l’aime. Un sujet après l’autre, une perspective après l’autre, rien ne l’effraye. Convaincu que notre droit du travail est obsolète, il n’hésite pas à se mettre en danger. Il faut réduire la dotation au CCI : il n’hésite pas à leur expliquer de vive voix quitte à sortir la salle sous les huées. Des entreprises françaises réussissent : il n’hésite pas à les promouvoir tel un VRP, jusqu’à les emmener dans ses voyages. Il s’interroge sur l’obsolescence évidente du statut de fonctionnaire, il le partage à voix haute. Il bouge en permanence sur les fronts immobiles en parfaite conscience des forces et des faiblesses de notre pays. Il ne lâche rien.

Le virage social libéral de François Hollande, c’est lui. Il a une parfaite connaissance des mécanismes grippés de notre économie. C’est certain : il énerve, car beaucoup aimeraient parler comme lui, être compris comme lui, bénéficier de la même image que lui. Car pour ne rien gâcher, il faut dire qu’il est plutôt élégant, volontaire à la pédagogie. Il parle anglais parfaitement, ne se sépare jamais de son sourire sincère.

Il faut dire que n’étant éligible à rien, il peut se permettre d’aborder des sujets absolument abandonnés par nos « politiques » sur l’autel de leur infortunée réélection. Et de le faire sans la langue de bois quotidienne qui est devenue l’évidente antichambre de la langue morte. Et ça, j’ai envie de dire que ça fait du bien.

Pour l’anecdote, il y a quelques mois alors que j’échangeais avec lui lorsqu’il était encore secrétaire général adjoint de l’Élysée, il m’a dit humblement : « Tu sais Christophe, je n’oublie pas que toutes les idées et les lois que je pousse, elles ne manqueront pas de s’appliquer à moi, car je n’ai que 36 ans. Trop de politiques font voter des lois qui ne les concerneront plus ». Qu’en définitive, ce soit vrai ou faux, ça a le mérite d’une extrême clairvoyance…

Aujourd’hui, notre politique gagnerait en crédibilité si nous avions un peu plus de Macron et un peu moins de nababs nourris toute leur vie au biberon de nos impôts et de la dette.
Christophe Praud, directeur de la publication
Le 12-10-2015
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