Novembre 2018


Améliorer le fonctionnement et la performance globale de l'entreprise

Julien et Frédéric Lippi
L’entreprise LIPPI (plus de 200 salariés) fait partie de ces entreprises pionnières, en matière d’autonomie donnée aux salariés mais aussi plus largement en matière de RSE. Interview d’un de ses deux dirigeants, Julien Lippi.
Dirigeant : Quel a été le déclic qui t’a amené à entreprendre la démarche LUCIE ?

Julien Lippi : Avant de commencer, j’aimerais dire un mot sur le parcours de LIPPI, car l’idée d’intégrer le label LUCIE est une résultante d’un parcours plus global, d’une réflexion très profonde que nous avons menée avec les équipes et qui a induit une transformation radicale de l’entreprise ces dernières années.

En effet, le métier historique de Lippi est la fabrication de clôtures et portails. L’histoire du métier lui-même est liée à l’évolution de la société elle-même. Longtemps il s’est agi d’organiser, de sectoriser, de cloisonner les espaces : nous avons dans le passé répondu à ce besoin. Maintenant la société a besoin d’optimiser l’espace, de recréer du lien : nous répondons à ce besoin en réinventant des espaces de libertés.

Une évolution du modèle économique est en cours : là où nous produisions de simples produits, nous nous employons désormais de générer une émotion voire de changer l’état d’esprit des utilisateurs. On ajoute des nouvelles fonctionnalités à la clôture pour améliorer notre relation aux autres, à l’environnement et à l’espace !

Cette évolution a été possible grâce à l’implication de toute l’équipe de LIPPI.

Tout d’abord en 2011, 20 cercles de vision avec tous les salariés ont fait émerger une stratégie radicale et définir le nouveau cap à donner à l’entreprise. Cette stratégie est basée sur 5 piliers :

  1. ·Être heureux ensemble

  2. ·Réinventer des espaces de liberté

  3. ·Se polariser client

  4. ·Distribuer multicanal

  5. ·Faire rayonner nos valeurs

Ensuite dès 2012 nous nous sommes appuyés sur ces 5 piliers pour construire le nouveau positionnement pour l’entreprise.

Le label LUCIE s’intègre en ce sens à une démarche qui est en place depuis bien longtemps (notre premier bilan carbone remonte à 2006 !) et à d’autres certifications ISO14001, ISO9001 et ISO OSH2001 que Lippi avait déjà obtenues. C’est donc naturellement, pour continuer à progresser et à progresser durablement que les lippiens ont inscrit la labellisation LUCIE à notre l’agenda en 2014 et en 2015.


D : Comment l’équipe a vécu la labellisation ?

JL:C’est l’animateur QSE qui avait demandé d’entreprendre la démarche LUCIE. Je ne souhaitais pas imposer la labellisation aux salariés. Suite à une présentation du référentiel 26000, un groupe de « lippiens » a souhaité entreprendre la démarche et a créé un groupe de travail sur la base du volontariat. En effet, nous avions déjà fait le choix de nous organiser en petites équipes autonomes orientées client (comme les entreprises que l’on appelle aujourd’hui entreprises libérées), il était fondamental pour nous de garder notre organisation libérée et de ne pas imposer un nouveau référentiel aux équipes.

L’animation du label s’intègre totalement à l’animation courante de l’entreprise qui se fait en respirant et non pas du haut au bas et/ou vice-versa. En pratique, on décide par secteur, des actions qui émanent du secteur et des actions qui émanent des différents audits, tout ceci grâce à l’utilisation d’outils en ligne collaboratifs. Concrètement nos réunions sont de 4 types :

1. Quotidiennes (par chaque équipe)

2. jour ou semaine (par chaque équipe)

3. hebdomadaire (par 3 équipes)

4. tous le mois (toute l’entreprise)

Tous les salariés peuvent participer s’ils le souhaitent à chaque réunion et de plus, chaque équipe choisit ses outils de pilotage en fonction de ses besoins !

Le référentiel LUCIE se fond (dans le bon sens du terme) dans une série d’autres sujets, actions et réflexions ainsi que et dans le mode d’organisation de LIPPI.

On constate parfois par que ce qui ce fait que la dynamique de mise en application des valeurs de Lippi est enclenchée et vécue, mais pas forcément formalisée, le Label LUCIE nous permet d’avoir un garde-fou qui nous oblige à mieux formaliser nos procédures et nos engagements.


D : Quels apports ? Et par rapport à votre secteur d’activité ?

JL : Lucie est un outil pour améliorer le fonctionnement et la performance globale de l’entreprise, pas un outil de communication ! Il se trouve qu’un client nouveau considère la RSE comme un critère de choix de ses fournisseurs. C’est une bonne surprise ! Il y en a certainement d’autres et, en règle générale, on constate que les clients commencent à être sensibles à la responsabilité sociétale des entreprises. Mais je crois qu’on ferait fausse route si on le faisait pour trouver des nouveaux clients.


D : Quel a été l’apport supplémentaire de LUCIE par rapport à votre parcours Performance Globale au sein du CJD ?

JL : Je suis rentré au CJD avant l’existence d’une bonne partie des outils de la PG. Le label LUCIE fait travailler sur tous les thèmes du parcours de PG. Cela nous permet de mettre en lumière des sujets qu’on n’avait pas traités ou pas assez en profondeur.


D : Quels exemples de réalisations ?

JL : Un nombre important d’actions sont déjà engagées sur des points sensibles dont l’importance a été soulignée par l’audit. Parmi les actions déjà mises en place depuis l’audit en novembre 2014, on peut citer : la mise en place d’un accord sur l’égalité professionnelle homme/femme. Il y avait bien un plan d’action, construit avec le CE précédent, mais la réglementation impose aujourd’hui un plan d’action et ce point nous avait échappé. De même, nous sommes attachés à l’égalité et la diversité et agissons en ce sens, mais là encore, nous n’avons pas formalisé correctement les choses. Nous avons donc réalisé un rapport de situation comparée des conditions générales d’emploi et de formation des femmes et des hommes.


D : Est-ce que vous conseillerez cette démarche ?

JL : Oui, mais aux entreprises qui veulent s’inscrire en profondeur dans une démarche RSE, aux entrepreneurs qui ont une conviction que l’entreprise a un rôle social et sociétal. C’est un très bon outil, accessible et facile, notamment quand on a mis en place d’autres normes, donc oui j’ai envie de le conseiller.


Propos recueillis par Chiara Sammartino
Le 13-07-2016
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