Novembre 2018


De la juste mesure entre interventionnisme et laisser-faire

Comme un entrepreneur qui initie, qui guide, qui prend des décisions ou qui peut laisser faire, l’état doit savoir passer du dirigisme à la confiance. Et inversement. Posons ici deux exemples inspirés de l’actualité : la conférence sociale et la COP 21. Deux exemples où l’idéologie n’a pas sa place.

Il y a 60 ans, il fallait plus d’Etat et des syndicats forts pour améliorer une relation souvent tendue entre le patronat et les salariés. Cette contrainte n’a plus lieu d’être. Elle a été bénéfique. Même s’il existe encore des situations parfois ubuesques et inacceptables, le dialogue social est une réalité dans les entreprises. Tant mieux. Aussi, est-ce uniquement le rôle des syndicats, dont on connaît le peu de représentativité, de décider, à Paris, du devenir d’une PMI en Ardèche ou d’une TPE du Poitou ? Et s’ils ne trouvent pas d’accord, en quoi l’Etat est-il légitime pour reprendre le flambeau et légiférer, souvent sous la pression de lobbys ? Les acteurs de l’entreprise sont suffisamment responsables pour décider des règles qui régissent leur destinée collective.

Si pour le dialogue social, nous prônons donc l’arrêt de l’interventionnisme étatique pour passer de la défiance à la confiance, la posture de l’Etat nous semble devoir être différente quand on aborde les enjeux environnementaux.

La COP 21, qui arrive à grands pas, interroge les entreprises. Nous avons collectivement compris puis admis que nos comportements doivent changer. Des entrepreneurs, dont beaucoup parmi les adhérents du CJD, ont pris les devants. Partout dans nos sections, dans nos régions, fleurissent des initiatives pour faire des défis de l’environnement une chance pour l’entreprise et l’emploi. Mais cette démarche n’est pas encore collective, pas encore adoptée par le plus grand nombre.

Alors oui, il va falloir accepter de nouvelles règles, que les Etats vont — espérons-le — réussir à imaginer pour le bien commun. Des règles qui obligent toutes les entreprises à améliorer leur comportement environnemental. Et aussi des règles qui respectent la liberté d’entreprendre au service des territoires.

Au CJD, nous ne critiquons pas l’Etat par posture idéologique ou parce qu’aujourd’hui, c’est dans l’air du temps. Nous tentons de réfléchir objectivement sur son efficacité et de délimiter les champs où son action peut s’avérer utile. Et il y en a ! A la veille de la COP 21, il nous semble important de demander à l’Etat — aux Etats — de prendre leurs responsabilités pour éviter la catastrophe climatique qui se profile. L’Etat est dans son rôle quand il s’agit de contraindre les pollueurs et de nous inciter à devenir plus vertueux. L’Etat est dans son rôle quand il s’attaque à une menace avérée. Mais il dysfonctionne quand il veut régenter tous les aspects de notre existence.


Richard Thiriet, Président national du CJD
Le 23-10-2015
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