Novembre 2018


L’entreprise au cœur de la cité

Cette tribune est parue dans le Dirigeant n°109, en avril dernier. Le Bureau National du CJD s’exprimait alors « à froid » sur les attentats du 7 janvier dernier. Suite aux événements de vendredi, la rédaction a souhaité republier ce texte dans son édition en ligne. L’occasion d’insister sur l’attachement du CJD à un certain nombre de valeurs.

COHÉRENCE ENTRE LES ACTES ET LES IDÉES

Ces valeurs sont fondatrices du CJD qui — rappelons-le — n’est pas un syndicat, mais une association non partisane et indépendante[1], dont la vocation est de mettre l’économie au service de l’Homme. Ces valeurs, le CJD les défend depuis plus de 70 ans. Ces valeurs sont celles de la République : liberté, égalité, fraternité. Le CJD attache également une grande importance au principe de laïcité, règle essentielle pour faire coexister des personnes d’horizons différents au sein d’une même organisation. Il défend depuis toujours les vertus du dialogue et de la co-construction dans l’entreprise.

Rappeler ces valeurs nous semble nécessaire puisqu’il s’agit de l’ADN du mouvement que nous membres du Bureau National avons la tâche de représenter pendant deux ans. Nécessaire, mais pas suffisant. Car le CJD n’en est jamais resté au stade de la simple énonciation de principes. Au verbe, il a toujours joint l’action. Le CJD réunit des entrepreneurs qui ont constamment eu à cœur de mettre leurs actes en cohérence avec leurs convictions.

ÉCOLE DE L’ENGAGEMENT CITOYEN

Ainsi, depuis 70 ans, dans les sections locales comme au niveau régional ou national, les adhérents du CJD ont toujours travaillé à fédérer les hommes et les femmes par le moyen de l’entreprise et du projet. L’entreprise ne doit pas être considérée comme un objet de richesse économique pour l’actionnaire ; c’est avant tout un lieu de socialisation. L’entreprise est le lieu où se créent et s’entretiennent des relations sociales[2], où les individus se voient reconnus et prennent leur place dans la société, où ils ont des droits, mais aussi des devoirs. Ne plus être inclus dans le collectif d’une organisation peut conduire à une perte de repères et de confiance en soi.

Le CJD est une école de l’engagement citoyen. Au début des années 2000 il affirmait que la diversité était une chance pour nos entreprises et proposait desmesures pour faire éclater le plafond de verre qui limite bon nombre de personnes dans leur évolution professionnelle : femmes, personnes handicapées, minorités visibles… De la même façon, depuis des décennies, le CJD œuvre pour rapprocher les écoliers et étudiants du monde de l’entreprise, et ce partout dans les territoires[3]. Les 31 mars dernier, il a organisé une journée nationale de la jeunesse avec l’opération « L’avenir, c toi ki décides ». Il promeut également le dialogue social de proximité[4], facilite l’engagement politique ou humanitaire des salariés[5]… Car l’Homme n’est pas pour le CJD un simple facteur de la production ou une variable d’ajustement de l’entreprise ; il en est la finalité. « Il n’est de richesse que d’hommes »[6].

De ce passé, nous pouvons être fiers. Et pourtant… Les événements qui ont endeuillé ce début d’année nous obligent à voir la réalité en face et à interroger notre responsabilité. Oui, les politiques de ces dernières décennies ont une part de responsabilité. Ne rejetons pas la nôtre. Qu’avons-nous fait, pas fait, ou pas assez fait — nous entrepreneurs – pour participer à l’édification d’une société plus juste et plus prospère ? À cette question, chacun d’entre nous doit trouver sa réponse, sans se voiler la face.

L’ENTREPRISE A L’IMAGE DE LA SOCIÉTÉ

Pour le CJD, l’entreprise doit être à l’image de la société que nous appelons de nos vœux : à la fois inclusive et participative. Or, notre société actuelle laisse de plus en plus de personnes à sa marge, les abandonnant aux mains des extrémistes et fanatiques de tous bords. Pour que l’entreprise garde et développe sa capacité à intégrer les individus dans un collectif, elle doit continuer à être performante et à créer de la valeur. Mais pas uniquement de la valeur et de la performance économiques. L’entreprise doit donner du sens à ceux qui s’y impliquent, c’est-à-dire donner un cadre qui leur permet de se projeter dans un avenir.

Nous avons un idéal, même si nous restons lucides : l’entreprise ne peut pas résoudre tous nos problèmes actuels. Elle doit pourtant se montrer exemplaire et contribuer au renouveau citoyen. Le CJD continuera à œuvrer dans cette voie.



[1] L’association est autofinancée par les cotisations de ses adhérents. Elle ne reçoit pas de subsides de l’Etat, ni d’autres organisations.

[2] C’est le CJD qui, dans les années 80, a forgé l’expression « entreprise citoyenne ».

[3] Dernier exemple en date : la journée du 31 mars 2015 « C toi ki décides » a fédéré les nombreuses initiatives locales du CJD visant à rapprocher l’entreprise de l’école. A noter également la parution en 2013 d’un Guide d’action pour la jeunesse.

[4] Cf. l’expérimentation du conseil d’entreprise.

[5] Le CJD a élaboré en 2010 un guide de l’engagement sociétal qui puise dans ce que les adhérents du CJD ont concrètement mis en place.

[6] Citation de Jean Bodin (1529 – 1596)


Le Bureau National du CJD
Le 18-11-2015
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz