Juillet 2018


L’urgence dans tous ses états

Nous vivons actuellement des jours qui, à coup sûr, marqueront l’Histoire. Nous sommes en effet à une époque charnière, un moment de mutation sans précédent. Le monde défini après 1945 a vécu, les nouveaux modèles n’ont pas fini de naître. Cela se traduit aujourd’hui par des « états d’urgence » qu’il nous faut pourtant traverser et qui remettent profondément en cause notre vision du monde. Ces états d’urgence, quels sont-ils ?

D'abord, l’Etat d’urgence face à la menace terroriste. Nous menons une guerre face à un ennemi invisible qui frappe aveuglément et effroyablement. Cette menace inédite pour nous Français ne doit pas nous faire renoncer à nos valeurs. Imperturbablement, faisons preuve de solidarité et de détermination.

  • Ensuite, l'’état d’urgence climatique. Nous maintenons un rythme de développement qui n’est plus soutenable par la planète. Il nous faut promouvoir la croissance verte et limiter, voire supprimer les impacts environnementaux négatifs de nos activités. L’accord trouvé lors de la COP 21 symbolise cette prise de conscience planétaire. Collectivement, agissons.

  • Enfin, l’état d’urgence démocratique. Les dernières élections régionales illustrent à nouveau l’échec de notre démocratie à se réinventer au cours de ces quarante dernières années. Quand l’abstention conjuguée au vote extrême culmine à des hauteurs jamais atteintes, les entrepreneurs et tous les acteurs de l’entreprise doivent agir et s’engager pour construire un renouveau démocratique. Citoyens, mobilisons-nous autour d’un projet politique fédérateur.

Est-ce bien tout ? Oh que non, j’ajouterai en haut de cette liste l’état d’urgence pour l’emploi. Car en octobre dernier, le chômage a bondi de 1,42 %, avec 42.000 chômeurs supplémentaires. Un tiers des PME ont en effet observé une inflexion de l’activité économique après les attentats de Paris et 44,14 % d’entre elles craignent des conséquences économiques à plus long terme[1]. Un climat qui n’encourage pas à embaucher… Or l’emploi est la première urgence. Il faut mettre tous les moyens pour inverser la courbe.Le gouvernement veut initier des actions ! Enfin ! Si celui-ci cherche quelques sources d’inspiration, il peut se tourner vers le CJD et ses propositions en faveur de l’emploi. Cela fait des mois que le CJD demande un droit d’expérimentation ! Pour tenter, oser, sortir des lois sclérosantes. Expérimentonsla création d’un Pack Unique d’Emploi à Durée Indéterminée[2] ou encore la possibilité de financer l’immatériel[3] ou enfin les formations pour redonner des forces vives aux métiers en pénurie.

Il y a urgence à faire autrement. En particulier sur cette question de l’emploi qui en conditionne beaucoup d’autres. Insérer la jeunesse par l’économique, c’est peut-être parfois l’éloigner des tentations de radicalisation et de toute forme d’extrémisme politique. C’est donner confiance et espoir, deux éléments dont nous avons tous besoin pour cette nouvelle année 2016.



[1] Selon une enquête réalisée par la CGPME du 18 au 23 novembre auprès des 122 unions territorialesCGPME et des 200 organisations professionnelles adhérentes.

[2] Les contours de ce pack pourrait être le suivant : contrat unique d’emploi à durée indéterminée, période de préavis pouvant atteindre 6 mois, anticipation du coût et des modalités de séparation, conciliation obligatoire avec présence d’un avocat en cas de séparation conflictuelle, modulation du temps de travail et de la rémunération (+ / - 20%) sur la base de 35 heures.

[3]Le CJD propose que toute nouvelle embauche en CDI permette l'obtention, pour l'entreprise, d'un prêt bancaire, sur simple demande et avec une garantie de la BPI, et pour un montant correspondant au coût équivalent à une année d'indemnités de chômage.


Richard Thiriet, président national du CJD
Le 4-01-2016
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