Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


De deux choses Lune…

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Le Congrès national est, tous les deux ans, l’aboutissement du mandat du président national du CJD. Dans son discours d’ouverture, Gontran Lejeune, le président sortant, réaffirme son attachement à la solidarité et à la recherche de voies nouvelles pour entreprendre.

« D'abord, je voudrais vous dire ma joie de vous voir si nombreux pour ce 33e congrès national du CJD. Cette joie est profonde, intérieure et rayonnante ! Quand je me suis présenté devant vous, il y a un peu plus de deux ans je me souviens parfaitement avoir cité cette phrase de Jacques Prévert : « de deux choses lune, l’autre, c’est le soleil ». A l’époque, au-delà d’un peu de poésie et d’une sorte de provocation par rapport aux idées reçues, j’y voyais les signaux faibles d’un monde qui était en train de changer brutalement. Un carrefour dans notre mode de développement où nous aurions à choisir entre un paysage lunaire et froid et un monde qui réchauffe. C’est pourquoi je me suis engagé avec vous à explorer de nouvelles voies et à faire de ces contraintes qui nous entourent autant d’opportunités.

Pandémie de l’urgence

Ce qui caractérise notre temps, c’est l’accélération phénoménale de toutes choses : des profits de plus en plus rapides, une concurrence de plus en plus féroce, des interactions de plus en plus complexes, la multiplication des informations et des savoirs, et aussi nos rythmes de vie agités, nos relations aux autres plus éphémères, notre rapport à nous-mêmes trop en surface, nos prises de décisions immédiates.

J’imagine le génie de la lampe d’Aladin à qui j’aurais exprimé ce souhait : « Je voudrais vivre deux fois plus longtemps et travailler deux fois moins qu’il y a un siècle.

- Accordé ! et en plus, tu pourras voyager dix fois plus vite pour dix fois moins cher, communiquer avec le monde entier tout en marchant dans la rue et recevoir sur un écran, dans ton salon, tous les spectacles et toutes les connaissances du monde. »

Accordé et pourtant qu’avons-nous gagné dans cette course folle ? Sommes-nous plus solides ? Plus charpentés ? Plus forts ?

Ne sommes-nous pas devenus malades du court-termisme ? Et dans cette pandémie de l’urgence ne masquons-nous pas la réalité des choses par des médicaments, sans nous pencher sur les causes profondes ?

- Une crise ? Un doli-crédit.

- Un suicide dans une entreprise ? Une doli-négociation.

- Une agression ? Une doli-loi.

- Un accident dramatique ? Un doli-psychiatre.

- Des abus dans les rémunérations ? Un doli-comité d’éthique.

- Une impasse dans le financement des retraites ? Une doli-grève.

- Et bien sûr, mal à la tête ? un dolicrâne !

L’accélération de tout nous a lancés les uns contre les autres, dans une sorte de guerre en temps de paix. Allons nous tenir longtemps de la sorte ?

Playing for change

Cette exploration m’a conduit à apporter, grâce et avec vous, grâce à nos prédécesseurs, des réponses très concrètes à ce qui n’était qu’au départ une intuition. Et c’est tout naturellement que j’ai souhaité que ce congrès soit le point de départ d’un nouveau mode de développement économique, d’une nouvelle vision de l’entreprise au service de l’Homme. Son titre même se veut un message fort qui s’adresse à la société : de l’entrepreneur solitaire à l’entreprise solidaire ! C’est pourquoi j’ai souhaité partager nos réflexions en ouvrant pour la première fois ce congrès national à des personnes extérieures au CJD au cours de cette première journée. Un mouvement qui se regarde le nombril se sclérose !

Je vous propose trois messages forts pour ces trois jours :

- Réfléchir à la solidarité n’est pas anodin, ce qui a marqué la société française, ces dernières années, c’est les Restaurants du cœur. Nous ne savons pas chanter ! Mais agir de concert oui ! Premier message : agir, c’est toute la vocation de Vélobar !

- Le deuxième message : dans un monde de plus en plus anxiogène, c’est de mettre en lumière ceux qui changent le monde, ces nouveaux passeurs d’espoirs grâce au premier Festival du rêve entrepreneurial où nous avons demandé à des porteurs de projets économiques existants ou en devenir de nous les présenter sous forme de capsules vidéos avec les clés de lecture du CJD : la clé des sous, du nous, des champs, des autres. 

- Enfin le troisième, c’est penser de manière différente. Le fil rouge de ce congrès sera illustré par les acteurs de Playing for change, ce projet musical multimédia, lancé par Marc Johnson, qui met en scène des musiciens des quatre coins du monde pour diffuser un message de paix.

Philadelphie

Une dernière chose : Philadelphie avant Bretton Woods. En 1944, avant même de convoquer le sommet de Bretton Woods pour reconstruire le système financier et monétaire, les alliés organisaient le sommet de Philadelphie qui adoptait une Charte fixant comme priorité absolue le respect d’un certain nombre de règles sociales.

Je ne résiste pas à vous lire ces extraits de la Déclaration de Philadelphie, adoptée à l’unanimité des États présents, le 10 mai 1944.

« La Conférence affirme à nouveau les principes fondamentaux (…) :

A) le travail n'est pas une marchandise ;

Convaincue qu’une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale, la Conférence affirme que :

a) tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales ;
b) la réalisation des conditions permettant d'aboutir à ce résultat doit constituer le but central de toute politique nationale et internationale ;

La Conférence reconnaît l'obligation solennelle pour l'Organisation internationale du travail de seconder la mise en œuvre, parmi les différentes nations du monde, de programmes propres à réaliser :

a) la plénitude de l'emploi et l'élévation des niveaux de vie ;
d) la possibilité pour tous d'une participation équitable aux fruits du progrès en matière de salaires et de gains, de durée du travail et autres conditions de travail, et un salaire minimum vital pour tous ceux qui ont un emploi et ont besoin d'une telle protection.

Enfin, je vous rappelle cette phrase de Jean Mersch, le fondateur de notre mouvement, en 1938 : « La production ne tire sa valeur que du bien-être qu’elle apporte à la société ». C’est tout l’enjeu de notre congrès et de l’engagement sociétal que j’ai voulu mettre en lumière. C’est dire combien est inscrite dans les gènes du CJD la conviction que l’entreprise non seulement doit contribuer au bien-être de tous, mais que c’est cela même qui justifie son existence, qui lui donne sa vraie valeur. »



Selon l'enquête de satisfaction post congrès menée par notre partenaire Timeliving, vous êtes 94% à penser que le congrès a répondu à vos attentes.
Pour en savoir plus


Gontran Lejeune
Le 18-07-2010
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