Novembre 2018


Laissez-nous libres de créer des emplois, épisode 2

Entre exagérations, incompréhensions et désinformations, la Loi Travail suscite tellement de réactions qu’on se demande si l’emploi demeure toujours la priorité de notre pays. Pour les entrepreneurs du Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise, elle représente pourtant un atout incontestable pour initier une dynamique triplement gagnante. Explications à travers l’exemple d’une PME dont la ressemblance avec la réalité des 3.1 millions de PME françaises qui représentent 80% de la création d’emplois serait totalement volontaire.

Scalarium dessine, fabrique et installe des escaliers et emploie 47 personnes. Comme lors de chaque débat ou mesure impliquant la vie de la communauté de travail, Jean, son dirigeant a expliqué à ses collaborateurs en quoi cette loi se révélait un atout pour l’emploi. Aujourd’hui, comme tous les entrepreneurs de PME, Jean s’appuie sur son carnet de commandes pour décider ou non de recruter : si celui-ci lui offre une bonne visibilité, il évalue ensuite le risque de réduction de ce même carnet pour déterminer quel type de contrat proposer. Pourquoi ? Avec le Code du travail actuel, l’éventuel coût financier d’une rupture d’un CDI est tellement aléatoire qu’il obère l’avenir de toute la communauté de travail. Jean préfère donc ne recruter qu’en contrats à durée déterminée. Bien qu’il aimerait créer de l’emploi durable, il ne peut qu’offrir des contrats précaires. Le projet de loi de Myriam El Khomri lève pour les entrepreneurs la contrainte liée à la judiciarisation du contrat de travail. Plus de visibilité combinée à plus de confiance donneront aux dirigeants plus l’envie de s’engager sur le long terme.

Toutefois, Jean insiste sur un autre enjeu de cette loi : elle va surtout casser le mur qui existe pour les personnes dans et hors de l’emploi. Et ainsi lutter contre la précarisation. Comment ?

Si les entreprises peuvent recruter plus facilement, cela signifie donc que les personnes sans emploi auront plus d’offres durables auxquelles postuler. Et concrètement, chez Scalarium, cela se traduirait par un recrutement en CDI pour le poste de menuisier nécessaire pour mener à bien le marché avec The Big Company. Jean, comme la majorité des dirigeants de TPE/PME, embauche une personne parce qu’il a envie de travailler avec elle sur la durée, et non dans la perspective de la licencier. De même, une personne entre dans une entreprise pour intégrer une communauté d’acteurs travaillant ensemble à faire avancer un projet sur le long terme, et non pour en sortir avec le plus d’argent possible. Enfin, un chômeur cherche à accéder durablement au monde du travail, et non à enchainer des contrats précaires. Grâce à la simplification du Code du travail, il y a donc bien 3 gagnants : l’entreprise qui se développe, les postes actuels pérennisés et des emplois durables proposés aux personnes en recherche d’emploi, et non des palliatifs précaires, sans durée ni formation.

Si cette volonté de réforme n’est pas submergée par des intérêts partisans, victime d’amendements vidant le projet de loi de son sens et protégeant des prés carrés individualistes au mépris de l’intérêt général, notre pays se dotera enfin d’une loi conciliant agilité pour l’entreprise, sécurité pour les collaborateurs et opportunités pour les demandeurs d’emploi ! Faire autrement, c’est faire de cette loi un atout et non un cadeau aux entreprises. C’est donner de l’oxygène à nos entreprises. Cela correspond aux attentes de tous les acteurs économiques.

En réduisant la complexité du droit du travail, on redonne aux entrepreneurs l’envie de s’engager sur le long terme avec leurs collaborateurs. N’est-ce pas le plus important ? A chacun à présent de prendre et assumer ses responsabilités.



Lire l''épisode 1 publié dans Les Echos le 12 janvier dernier

Richard Thiriet & Laurent Bazin
Le 14-03-2016
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz