Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Le dirigeant-entrepreneur doit d’abord être un tisserand

L’intelligence collective s’invite de partout. Plus qu’un simple effet de mode, c’est une véritable lame de fond qui traverse notre société. Et qui interroge le rôle du dirigeant-entrepreneur.

« Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine, etc. »[1]. C’est de cette manière que le philosophe et journaliste André Gorz, décédé en 2007, voyait l’avenir de notre économie.

SERVIR UN PROJET

Cette vision quasi prophétique s’est transformée en une réalité aujourd’hui bien ancrée sur nos territoires. Il est absolument fabuleux de constater toutes les passerelles qui sont jetées entre les différents mondes. Entrepreneurs, étudiants, enseignants-chercheurs s’associent pour, sur un même espace, travailler ensemble sur des projets communs. Le point de départ ? Les problématiques concrètes rencontrées par les entreprises au cœur des mutations économiques. Celles-ci sont reprises et développées par une communauté d’acteurs dont les membres mettent leurs capacités individuelles et collectives au service de projets d’innovation. Concevoir, aider, se faire aider, apprendre, expérimenter… autant de verbes qui deviennent très concrets dans ces « ateliers de co-design », « FabLab », ou « techshop ». Dans ces lieux s’inventent les bornes de recharge rapide des véhicules électriques, les objets du quotidien produits via une imprimante 3 D, les innovations managériales de demain. Là émergent, comme j’ai pu le constater dans ma région, le Nord-Pas-de-Calais Picardie, des réponses innovantes et astucieuses à de vrais problèmes d’usage pour les entreprises. Par exemple un distributeur, qui doit jeter chaque jour des quantités importantes de pain et qui sollicite une recherche pour remédier à ce gaspillage. Mais comment donner à cette matière périssable une seconde vie ? Du mur antibruit au revêtement de sol en passant par le biocombustible, des solutions possibles sont apparue grâce cette dynamique transdisciplinaire. Et ce en quelques heures seulement ! Une activité nouvelle peut ainsi être incubée et entrer en résonnance avec le marché.

UNE NOUVELLE POSTURE

Ces nouvelles approches collectives et ces innovations nous invitent à repenser les compétences du chef d’entreprise. Contrairement à une illusion tenace, celui-ci ne doit pas tout savoir, tout comprendre, tout maîtriser. Le dirigeant-entrepreneur doit d’abord être un tisserand. Il doit provoquer l’ouverture, permettre la relation avec tous les acteurs qui peuvent contribuer au développement et au rayonnement de l’entreprise et de son écosystème. Le monde de demain se fera avec des entrepreneurs curieux et agiles dont la compétence principale consistera à mailler des démarches collectives.



[1]André Gorz, Écologica, Galilée, 2008.

Laurent Bazin, vice-président du CJD
Le 21-06-2016
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