Médiathèque Répression

Il arrive que l’Histoire s’immisce et s’impose dans la vie d’un pays, et de sa population et s’empare de leur destinée. Parfois, se trouvent des personnes prêtes à lutter pour reprendre en main leur vie. Debout contre le régime théocratique iranien et ses dérives, Shirin Ebadi est assurément une femme d’Histoire. Son combat, elle le mène inlassablement, depuis que la Révolution de 1979 a fait souffler un vent d’oppression sur l’Iran, alors qu’elle avait au début uni les forces de chacun pour y amener la liberté. Très vite, Shirin Ebadi s’est retrouvée mise au ban d’une société où les femmes ne devaient plus être émancipées ni travailler. Elle était avocate, et fut même la première femme juge de son pays, en 1974. Et son combat de tous les jours a été reconnu internationalement, lorsque le Prix Nobel de la paix lui a été attribué en 2003. Mais plutôt que de renoncer ou de se contenter d’une gratification facilement lénifiante, Shirin Ebadi reste au créneau et dénonce à chaque tribune les actes dictatoriaux du régime d’Ahmadinejad, profite de sa notoriété pour défendre les opposants moins médiatisés, témoigne de la répression du soulèvement de l’année dernière, et fustige la compromission de grands groupes industriels occidentaux qui, sans scrupule, appuient le régime de Téhéran. Le roman de Shirin Ebadi est une bouleversante plongée dans les vies bouleversées d’Iraniens. On y découvre, aux côtés de la narratrice, Shirin, ce que signifie concrètement d’être séparé(e) de ses proches, de devoir porter les deuils de ceux qui sont restés sur place et ont continué à clamer leur opposition, et on y vit, démuni, la sensation d’impuissance de l’opposant face à l’État qui, tout entier, semble n’être plus destiné qu’à brimer, priver et réprimer.
Shirin Ebadi,La cage dorée, Ed.De l’Archipel, 2010
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