Juillet 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Vous avez dit économie symbiotique ?

Le concept vient du mot « symbiose » du grec sun « avec » et bioō « vivre », la symbiose est une association intime, durable entre deux organismes. Favorisant les circuits économiques courts, le modèle de l’économie symbiotique, concilie la rentabilité économique avec la régénération des écosystèmes et la résilience sociale.

En émergence depuis peu, les écosystèmes symbiotiques sont encore rares, mais en plein développement. Favorisées par les technologies du numérique et les théories du partage, les initiatives s’insèrent dans les grandes villes à New York, Montréal, Londres, Toronto, Berlin, à la « LX Factory » à Lisbonne ou encore au « Hub » de Bruxelles.

Chacun invente son propre écosystème

Lancé en 2008, ouvert en 2010, à Bordeaux, « Darwin » est l’un des projets d’économie symbiotique les plus aboutis. Installé dans la friche de l’ancienne caserne Niel, sur les anciens quais ouvriers, il participe au dynamisme et à l’attractivité de la rive droite de Bordeaux.

Foisonnant et sociétal à souhait, poétique même, Darwin constitue une sorte d’incubateur de projets centré sur l’entrepreneuriat « vert et créatif ». Energie, agro-écologie, habitat, agriculture, gestion des déchets et de l’eau, mobilité, économie collaborative, entrepreneuriat social, économie circulaire, le dispositif symbiotique darwinien est complet.

A l’origine du projet, Philippe Barre, entrepreneur bordelais et fondateur en 2005 du groupe Évolution qui pilote le projet Darwin, un incubateur mêlant marketing, urbanisme, écologie urbaine, mécénat et commerce responsable. Pour ce dernier, « l’économie symbiotique est le logiciel libre mondial de la recomposition du développement urbain. Mais pas question de modèle franchisé, chacun invente son propre écosystème». Son crédo : « agissez comme s’il était impossible d’échouer » (Winston Churchill).

Dépasser les objectifs de la 21 COP

« Nous n’avons pas eu toutes les autorisations pour bâtir le projet tel qu’il est. Si nous n’avions pas outrepassé quelques interprétations légales zélées, nous n’aurions jamais pu développer Darwin et créer 250 emplois. Une certaine forme de désobéissance civile est nécessaire pour surmonter des blocages administratifs incohérents ». Cette « transgression positive », Philippe Barre, la revendique. « Notre pays confond principe de précaution et principe de frilosité, du coup on est englué dans un mille-feuille de normes. Cela gèle le dynamisme des entrepreneurs dont beaucoup filent à l’étranger ».Philippe Barre lui, se bat. « En montrant que cela fonctionne, on obtient la régulation a posteriori ! »

Sur plus de 3 hectares de halles et hangars, sont réunis aujourd’hui le premier espace de coworking et le plus grand restaurant bio de l’hexagone, un immense Skatepark indoor à base d’éléments recyclés, des ateliers d’artistes et de bricoleurs mêlant low-tech et high-tech, du street-art, sans compter la ferme urbaine et le village de logement d’urgence. Les cultures urbaines y sont à l’honneur et la dimension écologique privilégiée. « Un Darwinien émet 5 fois moins de CO2 que dans un quartier conventionnel », souligne Philippe Barre. Barre. « On démontre chaque jour dépasser les objectifs de la COP 21, sans attendre vingt ans ! ».

Yan de Kerorguen
Le 17-05-2017
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