Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Peur des jeunes ?

Quelles sont selon vous les raisons principales qui empêchent les jeunes d’entrer facilement dans la vie active ? Pourquoi ne fait-on pas confiance aux jeunes générations ? Quelles seraient les pistes pour y remédier ?


Les réponses des membres du Bureau national du CJD

Jean-Yves Clément, membre du BN, JD de la section Savoie

Les raisons qui empêchent les jeunes de rentrer dans la vie active sont multiples. D’une part, ils ont une vision très approximative du monde de l’entreprise, notamment due au manque de formation à la culture économique lors de leur cursus scolaire. De son côté, l’entreprise manque souvent d’ouverture vers les jeunes. Enfin, l’éducation familiale ne prend plus le relais, victime d’une perte générale de repères par rapport au travail.

A mon sens, il faut à tout prix que l’entreprise ouvre ses portes à la jeunesse, notamment par le biais des stages, mais de vrais stages : les stages « low cost » peuvent avoir des répercussions catastrophiques sur la vision de l’entreprise qu’ont les jeunes.

Pour bien faire, il faut former les salariés à l’accueil des jeunes en entreprises, au tutorat et à la transmission des savoirs.

L’entreprise et ses dirigeants doivent de se remettre en cause, car la jeunesse ne voit définitivement pas l’avenir comme nous !


Christophe Praud, membre du BN, JD de la section Colmar

Beaucoup de patrons attendent des jeunes qu’ils soient opérationnels immédiatement, ils s’attendent à ce qu’ils fonctionnent comme eux le faisaient il y a 20 ans… Mais les époques sont différentes, les craintes et les aspirations aussi.

Si l’on veut que les choses s’améliorent, il faut que les dirigeants se forment afin de changer la vision qu’ils ont des jeunes, largement influencée par les médias… Il faut mettre en avant la valeur ajoutée qu’apporte l’arrivée d’un jeune dans une entreprise : les idées nouvelles, l’énergie, la capacité à communiquer avec de nouveaux interlocuteurs…


Xavier Domenach, membre du BN, JD de la section Aix-en-Provence

Il y a de nombreux freins à l’entrée d’un jeune dans l’entreprise. Le plus évident reste l’inadéquation entre la formation reçue et les besoins des recruteurs. Les entreprises ont besoin de jeunes opérationnels très rapidement, et ils sont souvent trop peu formés. A cela s’ajoute une problématique de savoir être : beaucoup de jeunes manquent de confiance en eux et ne savent pas se vendre à l’entreprise. Enfin, on oublie trop souvent les problèmes matériels tels que la mobilité et les problèmes de transport qui cantonnent parfois les jeunes à une recherche territoriale.

De leur côté, les jeunes aussi doivent faire l’effort de se mettre dans la posture du dirigeant, il est important qu’ils prennent conscience du fait qu’ils peuvent faire valoir leur droit, mais qu’ils ont également des devoirs et notamment envers l’entreprise.

Pour remédier à ces problèmes, il faut que les dirigeants comme les recruteurs changent leur mentalité. Comprendre le fonctionnement de cette génération, dite Y, leur permettrait de mieux l’intégrer. Il est également important de redonner confiance aux jeunes, comme le montre par exemple l’initiative de la Job Academy avec FACE et Manpower.

http://www.fondationmanpower.fr/action/job-academy


Ingrid Genillon, membre du BN, JD de la section Montbéliard-Belfort-Héricourt

Il est difficile pour les jeunes d’aborder l’entreprise. Si leurs familles ne sont pas proches du monde de l’entreprise, que les enseignants leur font miroiter de hautes responsabilités accompagnées de salaires importants en sortie de cursus, que le bassin d’emploi dans lequel ils grandissent est en difficulté…, ce sont autant de raisons qui, ajoutées à la peur et la méconnaissance de l’entreprise, laissent présager des difficultés à entrer dans la vie active.

Il faut que l’entreprise lève ces freins en faisant confiance aux jeunes, et ce, bien avant leur sortie du monde scolaire, notamment via le biais de parrainages qui débuteraient pendant le parcours scolaire, accompagnés de visite d’entreprises, de stages….


Michel Meunier, Président national 2010-2012, JD de la section de Beauvais

La liste des freins est longue et connue de tous : décalage entre formation initiale et besoins des entreprises, manque de connaissance de ce qu’est une entreprise, problème d’orientations et d’informations sur les métiers, difficultés pour trouver des stages, manque de réseau pour les jeunes…

Nous avons souvent peur de ce que nous ne connaissons pas. L’image des jeunes est dégradée par les médias. La politique gouvernementale ne met pas la lumière sur la puissance, l’énergie, l’inventivité des jeunes générations. On les croit utopistes, mais plutôt que de faire la sourde oreille, il faudrait les accompagner dans la construction de leur rêve, et les aider à en faire leur propre parcours professionnel.


Sylvie Bouillot, membre du BN, JD de la section de Lyon

Les causes sont sans cesse répétées : manque d’informations sur les métiers, sur l’entreprise, stéréotypes et croyances « limitantes » des jeunes comme des entreprises, difficulté des entreprises à donner confiance, peur du zapping des jeunes qui seraient devenus difficiles à fidéliser…

Pour y remédier, il faut anticiper les rencontres entre les jeunes et les entreprises, en favorisant les stages, en réformant les instances d’accompagnement et d’orientation dans lesquelles les entreprises n’interviennent pas, en rendant une formation économique minimale obligatoire… Une fois dans l’entreprise, les jeunes pourraient bénéficier d’une démarche d’intégration particulière, avec par exemple des entretiens mensuels pendant la première année.

Adeline Mongrué
Le 12-09-2010
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