Novembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Patrons, salariés, politiques... Et si on arrêtait de se regarder en chien de faïence ?

Il y a des jours qu’on n’aurait jamais cru voir arriver. Un peu comme le "grand soir" tant espéré par les révolutionnaires. Des choses qu’un esprit normalement constitué aurait du mal à concevoir. Fermez les yeux et imaginez ne serait-ce qu’un instant le chat pactiser avec la souris... Dément !

Il y a des inimitiés dont on peine à se représenter la fin. Celle entre exploiteurs et exploités en fait partie.

Imaginez une proposition d’un parti d’extrême gauche (ou du moins à gauche de la gauche) rejoindre celle d’une organisation patronale. Rejoindre au point que ces propositions se confondent, presque mot pour mot. Est-ce la fin de la lutte des classes ?

On peut se prendre à rêver.

Mais de quoi s’agit-il au juste ?

François Ruffin, l’un des leaders de la France Insoumise, député de fraîche date et patron du journal « alternatif » Fakir, avance une idée intéressante : des stages en entreprises pour les députés, ministres et – pourquoi pas – le président de la République. Objectif ? Immerger nos politiques dans le bain du réel. C’est le quatrième amendement que le nouveau début de la Somme souhaite déposer dans le cadre du projet de loi sur la moralisation de la vie politique.

Cette proposition, appelée « Vis ma vie », est également promue depuis plusieurs années par Entreprise et Progrès et le CJD. Le but de l’expérience, c’est de rapprocher les deux sphères, politique et entreprise, et donc de permettre à des élus politiques de passer une journée avec des chefs d’entreprise pour découvrir leur quotidien, leurs élans, leurs difficultés. C’est aussi l’inverse, bien sûr : comprendre par exemple les contraintes liées à la prise de décision chez un élu. A signaler également le travail du CJD visant à proposer aux étudiants de l’ENA des stages en PME. Ces initiatives visent toutes à « reterritorialiser » des élus que l’on qualifie parfois à raison de « hors-sol ».

Certes, si on creuse la motivation du député de la France Insoumise, on y trouvera sans doute bien des points de discorde avec celle des deux organisations patronales. Proposer aux politiques un stage dans le privé, n’est-ce pas dans l’intention de leur montrer le monde "impitoyable" de l’entreprise ?

C’est oublier une chose essentielle : il y a moins de différences entre un patron de TPME et son collaborateur qu’entre ce même patron et un dirigeant d’entreprise du CAC 40. Chez un patron de TPME, pas de golden parachute, ni de salaire mirobolant. En cas de manque de performance de l’entreprise, la sanction est immédiate.

Proposer des « Vis ma vie » aux politiques à tout d’une bonne idée, à la condition expresse que cette immersion se fasse en TPME et non dans un grand groupe. Et que l’objectif final soit de se rencontrer, de se comprendre, et de trouver des solutions partagées.

La rédaction
Le 29-08-2017
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