Octobre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Quand des salariés ordinaires développent des projets extraordinaires

Ils veulent donner du sens à leur activité professionnelle tout en restant dans le monde de l’entreprise classique. Valérie de La Rochefoucauld Drouâs présente les avantages bien compris pour les salariés et les entreprises de l’arrivée des « intrapreneurs sociaux ».

Dirigeant : Comment expliquez-vous la vogue de l’intrapreneuriat social ?

Valérie de La Rochefoucauld Drouâs : Les salariés sont de plus en plus nombreux à vouloir concilier utilité sociale et efficacité économique. Ils souhaitent devenir des vecteurs de solidarité mais en continuant à bénéficier de l’aspect rassurant apporté par leur entreprise. Ils respectent les contraintes de la réalité économique.


D : Existe-t-il un profil-type de l’intrapreneur social ?

VLRD : Salarié ordinaire qui développe un projet extraordinaire, il se recrute dans deux catégories bien précises. Cet engagement concerne d’abord les seniors-entre 50 et 60 ans - forts d’une longue expérience dans l’entreprise et qui ont envie d’avoir un souffle nouveau mais sans forcément tout remettre en cause. Mais les jeunes ne sont pas en reste : sortant d’écoles supérieures, ils rejoignent les entreprises avec le dessein de donner du sens à leur travail. C’est un phénomène générationnel, marque de la génération Y, celle qui se manifeste également par la création de start-up sociales.


D : Quels conseils donneriez-vous au salarié qui veut devenir intrapreneur social ?

VLRD : Au départ il doit évaluer si l’entreprise a un terrain favorable pour l’émergence de ses passions solidaires. Il lui faut ensuite gagner le soutien de sa hiérarchie directe, son N+1 et c’est peut-être le résultat le plus difficile à obtenir car celui-ci, pris par des tâches opérationnelles, n’a pas nécessairement la vision globale de l’entreprise. Ensuite vient l’accord de la direction générale.


D : Il doit se montrer persuasif et enthousiaste….

VLRD : Certes, mais sans se laisser emporter par son optimisme et son idéalisme.L’intrapreneur social a en effet vocation à développer une business unit au sein de son entreprise, qui corresponde à son cœur de métier. Ildoit donc disposer du charisme nécessaire pour faire partager ses idées mais aussi d’une connaissance très pointue de son environnement. Les qualités indispensables ? Savoir lire, écrire, compter et conter. Lire ? Faire des études de marché ; écrire ? Construire une proposition pour l’entreprise qui soit claire et réponde à ses enjeux ; compter ? Etablir un business plan de qualité ; conter enfin ? Raconter une histoire, inciter ses collaborateurs à être dans cette dynamique. Dans cette optique, il faut employer « le pouvoir de la machine à café », c'est-à-dire parler de son projet, mobiliser les compétences et confronter son expérience à celle des autres.


D : Une démarche qui implique également une ouverture sur le monde extérieur …

VLRD : Je conseille au candidat intrapreneur de s’appuyer sur des ressources externes, s’informer sur les résultats obtenus dans les autres entreprises, d’intégrer des réseaux, comme Ashoka,ou encore MySezame, start-up française spécialisée dans l’innovation sociale et de faire le quizz situé à la fin de notre ouvrage !


D : On a compris l’intérêt de la démarche pour le salarié. Mais pour l’entreprise ?

VLRD : Les avantages sont de deux ordres. Tout d’abord au plan de la recherche- développement. Les intrapreneurs sociaux appliquent des méthodes agiles et surtout, avançant dans un environnement hostile - seuls, sans soutien -, développent des innovations frugales : ils redonnent ainsi à l’entreprise le côté entrepreneurial qui peut être perdu dans les grands groupes. Le second impact positif a trait aux ressources humaines. L’entreprise retient les talents en favorisant la convivialité, l’esprit de corps, le partage de valeurs et gagne en attractivité auprès des jeunes diplômés séduits par les projets sociaux mis en œuvre.

Propos recueillis par Jean-Louis Lemarchand
Le 19-09-2017
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz