Décembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


"Si on reste franco-français, on est amené à mourir"

Emmanuel Derrien
Emmanuel Derrien vient de créer une filiale à Toronto. Dès le mois de septembre, sa start-up berrichonne partira à la conquête du marché outre-Atlantique.

Fraîchement diplômé, Emmanuel Derrien crée sa première entreprise en 1998. Spécialisé dans le management de la qualité, son logiciel compte 450 000 utilisateurs, dont 50 000 à l’étranger. Pourtant au début des années 2010, il s’interroge sur la complexité existante pour les entreprises : CRM, ERP, Intranet… inspiré par le CJD auquel il adhère, il revend son entreprise en 2013 avec pour conviction d’apporter plus d’agilité et d’innovation aux organisations. Son souhait ? Etre utile aux entreprises ainsi qu’aux salariés : il crée la société Enjoy Your business en 2014, dont l’ADN est de « prendre plaisir au travail ».Son métier est d’accompagner les entreprises à déployer leur stratégie par la mise en place de méthodes collaboratives. Réduction des emails internes, optimisation des réunions et gestion documentaire sont ses chevaux de bataille. Au-delà des solutions purement techniques, son objectif est d’apporter du sens au travail. Le concept d’entreprise agile lui parle : avec ses équipes, il planche pendant 2 ans sur « l’outil de l’entreprise libérée ». En 2016, Emmanuel Derrien met à disposition de ses 150 entreprises clientes « un Réseau collaboratif d’entreprise ». Il compte désormais 12 000 utilisateurs, dans les secteurs public et privé.

L’EXPORT COMME HORIZON

Emmanuel prend conscience que l’ouverture à l’international est indispensable pour son développement. D’un côté, ses concurrents sont des poids lourds mondialement connus tels que Slack et Workplace (de Facebook). D’un autre côté, ses prospects, y compris français, sont rassurés par une présence à l’international. « Beaucoup de solutions reconnues sont américaines. Si on reste franco-français, on est amené à mourir. Même le produit est meilleur, il faut se lancer à l’export. Ça apporte de la crédibilité ».

Déterminé à garantir la pérennité de son entreprise, Emmanuel prévoit un lancement aux Etats-Unis dans les 2 ans. Pourtant en novembre 2016, tout s’accélère. De retour d’un voyage d’études au Canada organisé par le CJD Paris, il décide de créer une filiale à Toronto. Et de s’expatrier pendant 12 mois à partir de septembre 2017. Auparavant, il consulte bien sûr ses proches. Sa famille en premier lieu — il a 4 enfants. Enthousiasmés par le projet, tous se mettent à étudier l’anglais sans tarder. Le CJD Berry ensuite, section qui vient de l’élire président et qui le soutient dans sa démarche d’expatriation : Emmanuel sera président à distance, grâce à un bureau de section solide et impliqué. Au sein de l’entreprise enfin, où la réaction de ses 15 collaborateurs est positive. C’est le sentiment de fierté qui prédomine. L’ambition de l’entreprise augmente également le niveau d’exigence. Emmanuel recrute un Directeur Général pour le seconder en France. « Le choix de Toronto s’est imposé comme une évidence. C’est une passerelle entre l’Europe et les Etats-Unis. Et j’ai été séduit par l’état d’esprit anglo-saxon : agilité, efficacité et sens du consensus. Et bien sûr, l’existence d’une véritable culture collaborative.Enjoy Your Business y a toute sa place».

LA CULTURE DU CHALLENGE

Son séjour permet de lever le frein psychologique et de prendre la température. Et de revenir en France avec un désir de réalisation à court terme. Pour pallier aux difficultés, un administrateur local accompagne Emmanuel sur place. « La différence de législation entre la France et le Canada peut être stressante. Il ne faut pas hésiter à s’entourer. Ce frein se surmonte grâce à la motivation et à la volonté. » Emmanuel aborde les obstacles sous un angle positif, avec la culture du challenge qui le caractérise. « L’export doit consolider et pérenniser ce qui existe en France. Etre prêt sur le plan technique bien sûr. Mais surtout, on a besoin d’une bonne dose d’énergie ! » Ce dont Emmanuel ne manque pas. De l’énergie et de l’envie.

« Par deux fois, le CJD a été le déclic. D’abord pour revendre ma société et créer la nouvelle. Ensuite pour franchir le pas de l’export. » Dès le mois de septembre, Emmanuel va débuter la prospection sur place. Avec son pitch bien rôdé, il espère intégrer un incubateur de start-up dès les premiers mois. Son plan de développement prévoit qu’il obtienne ses premiers comptes canadiens en 2018. Pour partir ensuite à la conquête des Etats-Unis. A dream come true.


Gaëlle Brière
Le 10-10-2017
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