Décembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Démagogie, quand tu nous tiens…

Julien leclercq est un entrepreneur engagé. La Une de Libération de lundi, qui ravive une fois de plus la lutte des classes, lui donne l'opportunité de prendre la plume pour une lettre ouverte.
  1. Libé, mon amie,
  2. Habituellement, j’applaudis des deux mains tes « Une ». Il faut bien le dire, personne n’en fait de plus belles... que toi. J’ai encore sur mes murs celle consacrée à l’élection de Barack Obama, ou celle, toute de noir vêtue, réalisée dans la douleur au lendemain des évènements tragiques du Bataclan.
  3. Mais là…
  4. Nous ne sommes plus au 19ème siècle. Zola, c’est du passé ! Il reste bien quelques idiots qui n’ont pas compris que le bonheur au travail était dans l’intérêt de tous, mais ils sont une minorité en voie de disparition. Tu ne veux pas le voir, pourtant les valeurs humanistes gagnent du terrain chaque jour dans l’entreprise. Regarde, parle à n’importe quel dirigeant « nouvelle génération », par exemple à ceux qui font le rayonnement de notre pays notamment en matière de digital… Olivier Mathiot, Céline Lazorthe, Marc Simoncini, PKM, Charline Goutal, Fred Mazzella… Demande-leur, tu verras. La plupart d’entre eux ne veulent même plus qu’on les appelle « Patron », tellement ce terme jouit d’une connotation négative !
  5. Sans doute penses-tu que tu as à gagner en tombant dans la démagogie ultra-facile dont tu fais preuve aujourd’hui. La CGT a fait ce calcul, vois où ça l’a menée. Explosée dans les urnes par la CFDT, qui a su comprendre que la lutte des classes devait être enterrée en même temps que la hache de guerre.
  6. Libé, mon amie, tu dois comprendre qu’il n’y a rien de plus dur pour un entrepreneur que de licencier quelqu’un. Rien. 99,9% des entreprises françaises sont des PME (qui sont aussi quasiment les seules à créer de l’emploi, soit dit en passant). Les gens à qui tu t’adresses, ce sont ces petits « patrons », pour reprendre ton mot. Ces personnes sont des entrepreneurs de terrain, qui côtoient leurs équipes tous les jours. Crois-moi, crois-nous, si nous nous levons de notre canapé pour prendre le risque de la création d’entreprise, si épanouissant mais si difficile parfois, c’est bien plus pour créer de l’emploi que pour en détruire. Si nous prenons des risques financiers, et un temps infini sur notre vie privée, c’est pour créer de l’espoir, pas par une envie sadique de jeter des gens à la rue. Licencier, c’est un déchirement systématique, quel que soit le contexte. Tes mots sont aussi inutiles qu’ils font mal. Si tu dois retenir une seule chose, c’est celle-ci : il n’y a aucun plaisir à licencier.
  7. Libé, mon amie, tu vaux mieux que ça. Tu vaux mieux que ces mots rétrogrades qui ne correspondent plus à la réalité du tissu économique français. Grandis, évolue en même temps que le monde autour de toi change. Alors tu feras mieux que la septième place (sur huit) que tu occupes au classement des quotidiens nationaux français, bien loin de tes compères du Figaro, du Monde ou même de La Croix. Tu as en ton sein de bien trop jolies plumes pour ne pas valoir, là encore, autre chose.
  8. Libre à toi de ne pas vouloir des réformes Macron. Mais tu aurais dû choisir un autre moyen de l'exprimer que celui de stigmatiser encore une fois une catégorie de personnes qui se bat chaque jour pour que notre pays aille mieux.

Julien Leclercq
Le 22-11-2017
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