Décembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Pourquoi Johnny ne laisse personne indifférent

Je me joins à la cohorte des hommages convenus suite au décès de celui qu'on appelait l'idôle des jeunes. Mais je ne considère pas cet exercice comme obligé. Disons-le franchement : je n’appréciais pas spécialement sa musique. Et pourtant ce matin, petit pincement au cœur…

Je n'ai jamais ressenti d’hostilité particulière envers Johnny, même après son exil fiscal. Les Guignols ont contribué à le rendre sympathique, quitte pour cela à le faire passer pour un demeuré, ce qu'il n'était assurément pas au regard de la manière dont il a conduit sa carrière. Respect qu'on ne peut lui refuser pour avoir su durer et susciter cet engouement populaire incomparable en France.

Johnny a traversé ma vie, notre vie. Quand je suis né il y a maintenant plus de quatre décennies, il était déjà là, solidement implanté dans le paysage médiatique et l’esprit de l’époque. On le voyait partout, on l’entendait partout. A ce titre, on peut dire que Johnny a fait l’époque. Avec les Yéyés, mot forgé par Edgar Morin, Johnny est de ceux qui ont rendu la jeunesse visible et audible. Celle-ci n’était alors qu’une catégorie biologique ; elle devient une classe sociale à part entière.

Johnny est une idole pour certains. Pour moi, il est un symbole. Symbole d’une époque révolue, mais toujours présente dans notre mémoire. Symbole d'une réussite durable. Symbole également de la « starification », de la « peopolisation », de l’hystérie construite par la société du spectacle.

Mais les chansons de Johnny ne sont pas réductibles à de simples tubes destinés à engraisser l’industrie musicale. Comme l’écrivait ce matin le philosophe Yves Michaud sur son mur Facebook : « Il faut absolument prêter attention aux chansons et à leurs textes. Elles façonnent les sensibilités profondes. Les livres sur la pop et le punk anglais (par exemple ceux de Simon Reynolds ou Greil Marcus) le montrent très bien. Les gens naissent, se rencontrent, s’aiment, se quittent sur ces musiques liées indissolublement aux moments émotionnels de leur vie les plus forts ».

Voilà pourquoi la mort de Johnny ne laisse personne indifférent. Voilà pourquoi nous avons tous en nous quelque chose de Johnny.


Lionel Meneghin
Le 6-12-2017
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