Mai 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Comment la réalité virtuelle va nous propulser dans le futur

Mickaël Réault
TRIBUNE - Encore balbutiante, la réalité virtuelle va bientôt arriver à maturité et nous permettra de toucher de près à d’autres innovations dont l’aboutissement est, lui, beaucoup plus éloigné dans le temps. Une façon d’éprouver virtuellement le réel de demain et d’anticiper ses impacts sur notre quotidien.

« J’ai une réunion à New York dans 10mn, je serai de retour dans trois heures », voilà le genre de propos que l’on pourrait bien tenir, à l’avenir. Une réalité encore très futuriste, certes, mais que le virtuel va nous amener à vivre ces prochaines années. Si, en effet, la téléportation appartient encore à l’univers de la science-fiction, aujourd’hui, une centaine de plateformes dans le monde, comme la Française Improov3, distribuée par MiddleVR et conçue par CLARTE à Laval, propose déjà le concept de « présence à distance » avec des salles de réunion virtuelles. Pour Christophe Chartier, fondateur de VR-BNB, l’enjeu économique est simple : « En se passant des maquettes physiques et en réduisant les temps de conception, clairement, on gagne de l’agilité !» Selon lui, cette immersion permet de mieux comprendre, mieux concevoir à plusieurs. « On rend la co-conception possible », ajoute l’entrepreneur. Concept encore plus futuriste : la première plateforme de meetings holographiques développée par la Startup franco-belge Mimesys. Pour Laurent Chrétien, directeur de Laval Virtual, « les notions de téléprésence, de téléportation virtuelle, de travail collaboratif distant, sont un des grands défis actuels de la VR avec des enjeux importants non seulement économiques, mais aussi et surtout environnementaux et sociologiques. » Derrière cette forme de téléportation, ce sont les conditions de travail elles-mêmes qui pourraient être revisitées de fond en comble et avec des répercussions économiques conséquentes : immobilier et mobilier de bureaux chamboulés, une désaturation des transports en commun et un télétravail qui n’en serait plus vraiment du fait d’une expérience qui se rapprochera plus que jamais d’une présence réelle.

L’homme augmenté, une réalité dans le virtuel

Mais ce futur, déjà palpable, ne s’arrête pas à la seule question de la téléportation. L’intelligence artificielle, par exemple, libéréedes contraintes de la robotique, prendra alors une apparence humaine bien plus rapidement que prévu. L’humanoïde deBlade Runner pourrait ainsi rejoindre rapidement notre quotidien. D’une certaine façon, la possibilité pour chacun de modifier ses caractéristiques physiques ou mentales va faire du très controversé transhumanisme une réalité… dans le virtuel. Quant à la télépathie, autre concept pour l’instant très futuriste, il sera tout à fait envisageable de discuter avec une personne tout en dialoguant avec une autre, sur un canal différent et cela de façon totalement invisible. Téléportations, ubiquité, télépathie, cerveau connecté sont autant d’évolutions que la réalité virtuelle va nous amener à vivre plus rapidement que prévu avec des conséquences qui, elles, seront bien réelles. Récemment, des chercheurs australiens démontraient que le jeu vidéo modifie la structure du cerveau. Alors, dans un univers constitué de mondes parallèles, la réalité virtuelle arrivera sans aucun doute avec son lot de conséquences physiologiques, psychologiques et sociales.

Le virtuel, une réalité qui va rapidement s’imposer

Reste que les casques de réalité virtuelle sont encore considérés comme de véritables curiosités. Encore inconfortable (volumineux, beaucoup de fils, besoin de capteurs externes, etc.) et dotée d’une résolution trop faible pour toucher le réel de près, la 3e génération saura contourner tous ses écueils pour offrir une expérience immersive des plus totales et sans coutures. Alors, tout comme l’ont fait l’ordinateur personnel ou le téléphone portable devenu smartphone, ils s’imposeront dans notre vie de tous les jours au gré des évolutions technologiques qui ne cessent de s’accélérer. Plus fun, plus agréable et intuitive que les traditionnels claviers-souris, la réalité virtuelle incarne d’ores et déjà un moyen ludique d’apprendre, de travailler et de se divertir. En seulement quelques années, les 4 à 8 heures quotidiennes que nous passons déjà devant nos écrans, selon l’étude du cabinet eMarketer, pour notre vie sociale et professionnelle, vont être rapidement absorbées par la réalité virtuelle. Une fois généralisée, il est clair que nous ne pourrons plus nous en passer au risque de se couper de la société et de l’économie à l’instar de la facture numérique que nous constatons aujourd’hui sur les territoires dépourvus de connexion internet et mobile.

Enfin, il paraît évident que de telles évolutions revêtent un enjeu macro-économique et géopolitique notoire. Cela est d’autant plus important pour l’Europe quand on sait que la bataille de l’intelligence artificielle est déjà en voie d’être remportée par la Chine suivie par les Etats-Unis. Ces deux nations capteront d’ici 2030 environ 70 % des retombées économiques mondiales selon une étude récente publiée par PwC. Alors, faisons du virtuel une réalité économique pour l’Europe !


Mickaël Réault est dirigeant fondateur de Sindup.


Mickaël Réault
Le 20-04-2018
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