Mai 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


La réussite, une question d’équilibre ?

Catherine Vampouille lors de son élection comme vice-présidente du CJD
Catherine Vampouille dirige la société Stonekit dans le Doubs. Reprise d’entreprise, création de société, développement international : portrait d’une dirigeante déterminée.

Ingénieur de formation, Catherine Vampouille ne se destine pas à l’origine à l’entrepreneuriat. Ayant grandi dans une famille d’entrepreneurs, elle en connaît les contraintes et souhaite avant tout concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Elle entre alors chez PSA, groupe au sein duquel elle mène carrière pendant 14 ans. Après avoir gravi les échelons un à un, elle se retrouve en 2008 responsable de service à la tête d’une équipe de 35 personnes.

Malgré une vie épanouissante, 3 enfants et une belle maison, sa carrière ne la satisfait plus : elle souhaite voler de ses propres ailes. Suite à un plan de départ volontaire, elle quitte PSA et son choix s’oriente vers la reprise d’entreprise. Elle se lance dans le rachat de l’entreprise Le Ressort, dont le métier est le travail du fil, en acier, inox, cuivre. « Quand on a des parents entrepreneurs, on est davantage tenté par l’entrepreneuriat. C’est une façon d’être, un état d’esprit.»

INNNOVER DANS LA DIFFICULTE

A peine arrivée à la tête de l’entreprise début 2009, en pleine crise, Catherine Vampouille doit faire face aux difficultés sans précédent que traverse Le Ressort. Une restructuration est nécessaire pour assurer la pérennité, et pour cela il faut licencier. « J’achète une entreprise qui va bien et je me retrouve du jour au lendemain à devoir la sauver. Je n’en dormais plus de la nuit. Relever ce défi m’a apporté une vraie force.» Car la dirigeante finit par redresser l’entreprise. Pourtant, l’activité de la société étant principalement en sous-traitance, sa dépendance inquiète Catherine Vampouille. « Pour être maître de notre destin, il fallait que nous soyons plus indépendants. J’ai cherché à créer notre propre marque et pour cela j’ai fait travailler une école». La réaction des collaborateurs ? Pour eux, leur patronne est « tombée sur la tête ». Susciter l’adhésion de l’équipe en place, qui a un profil majoritairement technique, est un travail de longue haleine.

Suite à la liquidation d’un client, Catherine Vampouille reprend des salariés, les stocks et les brevets pour créer une nouvelle société : Stonekit. Le modèle est le suivant : Le Ressort fabrique et assemble, puis il revend à Stonekit, qui de son côté commercialise les gabions, des cages métalliques remplies de pierres permettant de réaliser des murs, des clôtures, des bacs à fleurs. Catherine Vampouille cède finalement la société Le Ressort en mai 2017 : l’activité y est dynamique et l’équipe en place, solide.

ECRIRE LA SUITE

En octobre 2014, sur proposition de son partenaire bancaire, Catherine Vampouille effectue un séjour au Québec afin de mener une étude du marché local : elle y rencontre des collectivités locales, des architectes, des paysagistes. Là-bas, la fonction décorative du gabion n’est pas encore connue. Si en Europe, la concurrence est rude, Catherine Vampouille repère au Québec l’opportunité de se développer. En 2015, elle recrute un stagiaire Bac+3 en Développement International qui organise un nouveau séjour pour partir à la rencontre des acteurs locaux. A l’issue de son stage, le collaborateur part en en tant que VIE pendant 18 mois et devient le représentant de la structure au Québec. Les efforts sont payants : Stonekit noue un partenariat avec une entreprise locale de géotextile et effectue désormais 1/3 de son Chiffre d’affaires outre-Atlantique.

Aujourd’hui, Catherine Vampouille vient de terminer le parcours de formation Copernic. Elle a lancé une réflexion sur son projet entrepreneurial idéal. « Je n’ai pas envie de travailler jusqu’à 65 ans avec des contraintes. Je souhaite monter un projet à 80 % dans le plaisir. Etre alignée avec mes aspirations, vivre de quelque chose qui me plaît fondamentalement. »

D’un profil ingénieur, elle est devenue manager puis entrepreneur. D’un univers technique, elle s’est lancée dans le commerce puis dans l’export.

« Ma plus grande fierté ? Avoir pu m’épanouir dans ce pour quoi j’étais faite tout en ayant élevé 3 enfants équilibrés. On peut être femme et chef d’entreprise, prendre des risques et avoir, à côté, une vie personnelle réussie. »

L’aventure continue pour Catherine Vampouille, avec encore plein de beaux défis à relever.


Gaëlle Brière
Le 4-05-2018
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz