Novembre 2018


Crowdlending, un état d’esprit entrepreneurial

Le crowdlending que l’on peut traduire par prêt participatif ne doit pas être confondu avec le crowdfunding basé sur le don. Autre différence : dans le premier cas, ce sont les personnes morales et non les particuliers qui bénéficient de ce type de financement alternatif.

Ce sont ses clients qui lui ont parlé de Lendopolis, l’une des plateformes françaises de crowdlending, créée en novembre 2014 par le groupe Kiss Kiss Bank Bank (racheté par La Poste en 2017).

Confiance et transparence

Bertrand Carcenac est le gérant du Bistrologue à Toulouse, un café/concert ouvert en 2011 qui propose, outre de la musique live, des bières en tout genre et des repas gastronomiques. Un lieu fréquenté… qui nécessite des travaux pour doubler les toilettes, rendre le café accessible aux personnes handicapées, construire une chambre froide et augmenter le nombre de bacs pression. Deux options s’offrent à lui pour financer le tout : faire à nouveau appel à sa banque ou tenter l’aventure du crowdlending. Il choisira la seconde. « Le taux d’intérêt sur Lendopolis était moins intéressant (6 % au lieu de 1 %), mais j’avais envie de travailler en direct avec des particuliers et non des institutions », explique le gérant. Un choix guidé aussi par un souci de simplification : à la tête d’une holding comprenant plusieurs sociétés, dont le Bistrologue, la banque exige de lui les comptes de toutes ces entités avant d’accepter le prêt. « Trop compliqué et chronophage ; les banques sclérosent l’évolution des PME en nous demandant de montrer patte blanche », commente Bertrand Carcenac. Et puis les deux démarches lui semblent complémentaires : « sur Lendopolis, on partage avec les prêteurs le même état d’esprit entrepreneurial ; c’est encourageant de voir que des gens vous font confiance. Il y a aussi de la transparence, ils savent où va leur argent. C’est une forme de partenariat », dit-il. Résultat, 24 heures après avoir lancé la campagne en octobre 2017 sur la plateforme Lendopolis, le gérant du Bistrologue atteint son objectif : un prêt de 50 000 euros grâce à la participation de 400 particuliers, qui pour la grande majorité ne connaissent pas l’endroit. Car contrairement au crowdfunding dont la réussite dépend beaucoup de la capacité du porteur de projet à convaincre ses proches de l’aider, ici c’est la communauté de Lendopolis qui prête.

Comment ça marche ?

Pour bien comprendre comment Lendopolis a pu voir le jour, un retour en arrière s’impose. La date clé, c’est octobre 2014 et la fin du monopole bancaire en matière de prêt aux entreprises. Les particuliers peuvent alors s’engouffrer dans la brèche. Lendopolis leur propose de financer via des prêts trois types de projets : ceux portés par des TPE/PME, ceux concernant les énergies renouvelables et ceux réservés à des programmes immobiliers. Lesdits projets sont soit en développement soit en reprise soit en création dans l’univers de la franchise. « Notre valeur ajoutée, c’est d’apporter un service de financement rapide aux entreprises sur des besoins peu financés par les banques, comme l’immatériel (recrutement, travaux, campagnes marketing…) », explique Nicolas de Feraudy, directeur de la plateforme. Un service qui n’est rendu qu’après un examen approfondi des dossiers. De fait, seuls 10 % des demandes sont validées et mises en ligne. Les critères sont les suivants : la taille de l’entreprise (PME/TPE), le type de besoin (le développement en priorité), deux ans d’existence, 200 000 euros au moins de chiffres d’affaires et une bonne situation financière. Et pour cause, les prêts sont sans caution ni garantie, les projets acceptés proposant des taux d’intérêt variant entre 5 et 10 % en fonction du risque. Depuis la création de Lendopolis, seulement 10 % des sociétés ont été en défaut de paiement.


Anne Dhoquois
Le 27-06-2018
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