Septembre 2018


SOS risques psychosociaux

Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l’ANDRH
En juin 2016, l’association nationale des Directeurs des Ressources Humaines (ANDRH) lançait, en partenariat avec le cabinet Eleas, le service « Ecoute RH ». Objectif : proposer aux professionnels concernés un accompagnement psychologique et managérial 24 h sur 24.

Plus d’un an après son lancement, cette ligne d’écoute et d’assistance rencontre un vrai succès auprès des 5 000 adhérents de l’association. « Cette ligne anonyme et confidentielle explique Bénédicte Ravache secrétaire générale de l’Association, n’a pas été mise en place parce que le métier lui-même et les collaborateurs d’entreprise sont plus compliqués qu’avant à gérer. Nous voulions simplement, par cette proposition innovante, être au plus près des besoins du RH en tant qu’individu. Au bout du fil, ce sont des psychologues et consultants en organisation qui les écoutent, conseillent, orientent. “Ecoute RH” vient en appui des dispositifs d’échanges de pratiques qui existent au sein des 80 groupes locaux de notre association. Aujourd’hui il y a une accélération des modes de décision, une demande de rapidité dans la mise en place des solutions et des réponses. L’enjeu est donc d’être vigilant. »

Prévention et appui

Concrètement, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, une équipe de psychologues et consultants en organisation choisis en partenariat avec Eleas, cabinet spécialisé dans la qualité de vie au travail et la prévention des risques psychosociaux, sont là pour écouter et conseiller. Dans les faits, la quasi-totalité des appels est passée entre 7 h et 19 h ; 40 % concernent des situations sensibles pour un tiers et 59 % les DRH eux-mêmes. Activable sans limites, la ligne d’écoute peut également recueillir des difficultés plus personnelles (épuisement professionnel, stress, conflit familial…). « Attention, poursuit Bénédicte Ravache, il ne s’agit pas d’une thérapie, mais d’un moyen pour les professionnels de prendre du recul sur une situation, de l’analyser en faisant appel à un tiers. L’année dernière, les interrogations portaient notamment sur la posture à adopter en cas de conflits, de difficultés. Cette année nous avons particulièrement identifié des problématiques de tensions relationnelles. Comment doit-on se positionner en période de transition ? Comment traiter les signaux faibles de l’isolement d’un collaborateur ? »

Des formations plus ciblées

Une fois les difficultés identifiées, les manques recensés, l’ANDRH met en place les ateliers en webinar correspondants aux besoins de ses adhérents. « Les DRH ne sont pas des super — héros, ils ont le droit de s’interroger, de parler, se renseigner et demander conseil. Ils travaillent avec l’humain, leur spectre de plus en plus large, est en constante évolution. Préventeurs eux-mêmes en entreprise, ils se voient proposer à leur tour, via cette ligne téléphonique, une prévention et un appui. La mise en place de ce service répond bel et bien à un besoin identifié. »

Les jeunes RH qui ont beaucoup de premières fois à gérer (licenciements, plans de réorganisation, harcèlement…) ne sont pas plus consommateurs de cette ligne d’écoute que les plus expérimentés qui s’interrogent sur leur avenir professionnel (conflit éventuel avec la hiérarchie, menace de licenciement…) et sur leurs pratiques professionnelles qu’il est essentiel de questionner régulièrement.

Un type de soutien psychologique qui s’est développé au cours des dernières années pour certains métiers liés au secteur social, au judiciaire ou encore l’enseignement.


Isabelle Chatain
Le 12-09-2018
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