Décembre 2018


Unir donneurs d’ordres et fournisseurs dans le combat pour l’emploi

Le Lab Pareto, regroupant acheteurs de grands groupes et dirigeants de PME-TPE, élabore des solutions pour bâtir une collaboration sur un objectif partagé, la création d’emplois.

Développer l’emploi sur les territoires grâce au levier de l’amélioration des relations entre les entreprises et leurs fournisseurs. Tel est l’objectif ambitieux affiché par Le Lab Pareto, communauté de Directeurs Achats de Grands Groupes, de Dirigeants de TPE-PME, conçue sur une idée née au sein du CJD.

Un ancrage territorial

Lancée en 2016, l’association fondée par Clémentine Parâtre, entrepreneure francilienne, entend amplifier le mouvement engagé par le CJD, dont 1000 membres avaient en 2015 signé la Charte relations fournisseur responsables de la Médiation des entreprises et du CNA (Conseil National des Achats anciennement CDAF). « Nous souhaitons transformer sur la durée le monde des achats, le changer par l’exemple, avec des initiatives de terrain, et provoquer ainsi un effet papillon », précise la cofondatrice — avec Marine Rozet — de Processus, organisme qui accompagne les transformations des organisations par l’intervention d’une quinzaine d’artistes pédagogues. Preuve de cet ancrage territorial, Le Lab Pareto bénéficie non seulement de la collaboration des réseaux de la Médiation des Entreprises, du CJD et de l’ADRA (une centaine de directions achats), mais aussi de « Oui Je Me Lance », qui fédère une cinquantaine de dirigeants de TPE en Essonne, département du siège de l’association.

« La fonction achats a ce “pouvoir” de créer ou détruire de l’emploi. Nos décisions, en tant que dirigeants, acheteurs, décideurs impactent notre écosystème », Insiste Clémentine Parâtre. Transformer la relation entre donneurs d’ordre-fournisseurs implique de former « une communauté solidaire » et de construire un partenariat équilibré qui se traduise par des emplois. Une approche ainsi résumée : « Ce n’est pas uniquement le grand groupe qui va aider la une PME. La PME doit être un partenaire et non un sous-traitant ».

Révolution culturelle

Le Lab Pareto — un Think (penser) and Do (Faire) — entend appliquer sur le terrain des achats le principe établi sur la base des réflexions de l’économiste italien Vilfredo Pareto, qui avait relevé que 20 % de la population italienne détenait 80 % des richesses. Selon la loi de Pareto, dite des 80-20, 20 % des actions apportent 80 % des résultats. « Notre vision, précise la présidente du Lab Pareto, repose sur la conviction que si les grandes entreprises réservaient 20 % de leurs achats auprès des PME, des emplois seraient créés ou maintenus sur les territoires ». Comment parvenir à ce changement structurel d’autant plus lourd que cet objectif de 20 % concerne non seulement le volume global des achats des grandes entreprises – une proportion qui est souvent observée —, mais aussi par famille, et sous famille d’achats (bureautique, formation, sécurité, logistique…) ? Il s’agit bien d’une révolution culturelle, les grands groupes ayant une tendance naturelle à travailler avec les grands groupes. Les directions achats, observe Arnaud Minvielle, trésorier du Lab Pareto, consultant et ancien directeur achats du groupe bancaire BPCE, « doivent souvent rendre des comptes à leurs directions générales sur des critères de risques, ce qui pénalise de facto les TPE-PME ». Quant aux TPE-PME, elles souhaitent un changement des règles du jeu : « elles veulent, résume-t-il, un contrat simple et être payées rapidement ».

Changer les postures entre dirigeants de PME et acheteurs de grands comptes, c’est à quoi s’attache le parcours Pareto, une expérimentation, qui a été lancée en janvier dernier pour une vingtaine de personnes. D’une durée de six mois, à raison d’une journée par mois environ, il se vit à deux, un binôme constitué entre un acheteur de Grand Groupe et un dirigeant de PME œuvrant dans le même secteur d’activité et du même territoire. Il se subdivise en trois étapes : le Vis-ma-vie (immersion d’une journée dans l’univers de son binôme), l’Université Lab Pareto (deux jours de travail en intelligence collective), le Passeport Pareto (une journée de validation de compétences).


Jean-Louis Lemarchand
Le 25-09-2018
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