Décembre 2018


Rassembler entrepreneurs et jeunes en difficulté autour d’un défi commun

Vaincre les 4 810 mètres du premier sommet d’Europe n’est pas un mince exploit. En 2015, 16 JD ont relevé le défi. Emmenant dans l’aventure de jeunes Savoyards en rupture sociale.

Monter jusqu’au sommet de la plus haute montagne d’Europe, il n’aurait pas pensé le faire un jour. Pas plus aventurier que cela, pas sportif pour un sou, et alpiniste encore moins. Alors, ce matin de septembre, il s’en souviendra toujours. Laurent Gonnet fait partie de la vingtaine de membres de l’opération « A chacun son Mont-Blanc » parvenus à gravir les 4 810 mètres du pic alpin, le 12 septembre 2015. Avec lui, 15 membres de la section Savoie du CJD, ainsi que deux encadrants et un élève de l’École de la deuxième chance de Savoie (E2C73). « C’est bien sûr un petit exploit sportif, mais ce fut surtout une réelle aventure humaine », raconte cet entrepreneur de 48 ans, patron d’Au Jardin des Plantes, une jardinerie-animalerie de 50 salariés, JD depuis 12 ans, et président de la section 73 du CJD depuis septembre 2016.

La genèse de l’opération s’apparente elle-même à une cordée de réflexions et d’associations d’idées. « Fin 2014, la section avait décidé de créer un événement autour de la notion de transmission. Rapidement, l’expression “rencontre au sommet” a émergé. La tentation était trop forte : pourquoi pas au somment du Mont-Blanc ? », raconte le chef d’entreprise. Mais avec qui ? Un événement confiné aux JD ? Pas très « CJD » justement, un peu trop « entre-soi »… Pourquoi ne pas y associer des jeunes ? Des jeunes de la région, des étudiants en école de commerce ? C’est la culture sociale du groupement qui aura raison du choix final : embarquer dans une même aventure des entrepreneurs et des jeunes en difficulté. La section du CDD se rapproche alors de l’École de la deuxième chance de l’E2C73, qui entre dans la boucle.

Deux « cordées », dont une… à vélo

Reste que l’ascension du Mont-Blanc relève d’un vrai défi physique. Selon les jours, les taux d’échec fluctuent entre 40 % et 100 %. Impossible donc d’emmener tout le monde jusqu’en haut. L’expédition est donc scindée en deux groupes : la cordée finale, partie pour grimper au sommet, et une seconde équipe composée desoixante jeunes dirigeants, jeunes stagiaires et partenaires, qui se relaieront sur 140 km de Chambéry à Saint-Gervais-les-Bains pour venir accueillir le premier groupe à sa descente.

L’entraînement physique et technique de la première cordée (marche sur les glaciers, acclimatation à l’altitude au-delà de 4 000 mètres) va nécessiter six mois d’efforts. Il faut dire que l’équipe a souhaité resserrer au maximum le coût financier d’une expédition qui où chacun doit généralement débourser 1 300 euros. Ne pouvant faire l’impasse sur les guides, les alpinistes amateurs ont décidé de s’entraîner seuls.

Autre écueil : la réservation des places d’accueilau Refuge du Goûter, dernière station avant les trois heures d’ascension finale. A raison de 350 à 400 départs chaque jour en été sur l’ensemble des itinéraires, les refuges sont littéralement débordés. « Un mois durant, nous sommes restés en veille tous les matins à 7 heures pour réserver les places par petits lots dès qu’elles se libéraient », se souvient l’entrepreneur.

15 mois de préparation

Parallèlement, des réunions avec les jeunes de la promotion de l’E2C sont programmées toutes les semaines.Chaque jeune participant est en effet parrainé par un adhérent du CJD. « Ils se sont montrés très investis. Beaucoup voyaient des patrons de près pour la première fois de leur vie. Et tous ont fini par réviser leurs préjugés sur le monde de l’entreprise », raconte Laurent Gonnet.

Il faut également communiquer autour de l’événement, trouver des financements, gérer la logistique… Au total, pas moins de 15 mois de préparation seront nécessaires.

Le 12 septembre 2015, la météo est clémente sur le Mont-Blanc. Parmi les membres de la première cordée, 16 adhérents du CJD, qui arriveront tous au faîte du Mont, deux encadrants de l’E2C, également parvenus au terme de l’expédition, et trois jeunes, dont un ira jusqu’au sommet.


Muriel Jaouen
Le 26-09-2018
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