Novembre 2018


Apprendre pour reprendre

En 2017, Marilyn Perraud a racheté l’entreprise Multilox située en Saône-et-Loire. Après une dizaine d’années au sein de l’équipe salariée, elle relève désormais le défi de la reprise de l’entreprise.

Directement après l’obtention de son DUT en 2000, Marilyn Perraud est recrutée par l’entreprise Multilox, spécialisée en transport et en logistique et créée un an auparavant. D’abord arrivée au sein d’une petite équipe de 2 personnes, Marilyn est embauchée en tant qu’assistante d’exploitation. En 2003, alors que l’entreprise vient de s’installer à Sennecy-le-Grand, Marilyn démissionne afin de suivre son conjoint dans une autre région. Au bout de quelques mois, son patron la rappelle à ses côtés. « Lors de ce départ, je me suis rendu compte de la valeur que j’apportais à l’entreprise. J’ai bien renégocié mon retour et suis revenue en tant que Responsable d’exploitation de la structure. » Ce rôle de manager, Marilyn Perraud l’endosse pendant une dizaine d’années aux côtés du fondateur de l’entreprise, Philippe Cortot. Lorsque celui-ci part à la retraite, c’est sans surprise que Marilyn se positionne en repreneur. « J’ai grandi avec la société. Depuis quelques années, nous parlions de mon éventuel rachat. »

J’ai toujours su…

Créée en 1999, Multilox est une entreprise qui organise la logistique globale pour ses clients importateurs et fabricants. « Notre rôle ? Nous charger de l’importation de leurs marchandises et ce, jusqu’à la livraison. Cela passe par l’enlèvement des containers en Asie, le transport maritime, le dédouanement, la décharge puis la préparation de commande et enfin la réexpédition dans toute la France ».Passionnée par son métier, Marilyn Perraud évolue en confiance dans un secteur qui la challenge au quotidien. Ses clients ? Majoritairement des petites structures à taille humaine, à l’image de Multilox, qui compte aujourd’hui 20 salariés. « J’ai toujours su que je voulais entreprendre. J’ai eu une chance inouïe d’avoir ce patron qui m’a fait entièrement confiance et a reconnu la valeur de mon travail. Cela m’a donné des ailes ».En plus de ce soutien de longue date, Philippe Cortot lui propose des conditions de reprise favorables, « comme si j’étais sa fille » précise Marilyn.

Promouvoir l’entreprise

Lors de sa reprise, Marilyn Perraud bénéficie également du soutien de ses équipes. Déjà en position d’encadrement de l’ensemble des collaborateurs, la transition se fait en douceur pour tous les acteurs internes ainsi que pour les clients. Afin de la seconder sur la partie opérationnelle, elle recrute rapidement un responsable d’entrepôt et de logistique. « J’ai tenu à conserver le fait de mener moi-même les entretiens individuels. Mon équipe est solide et je tiens à cet équilibre» explique Marilyn. Malgré ces bonnes conditions pour une reprise d’entreprise, Marilyn se heurte à la frilosité des banques. « Prise par l’enthousiasme, j’ai cru que je trouverais un financement sans problème. Il n’en a rien été ! Alors que mon business plan était solide, j’ai dû batailler pour obtenir les prêts. » Une fois son financement obtenu, Marilyn fait face à un autre frein : sa propre interrogation de femme dans un milieu essentiellement masculin. « Mes axes d’amélioration ? Réussir à savoir me vendre et promouvoir mon entreprise. Mon adhésion au CJD, il y a deux ans, m’a déjà permis de progresser ».

Fierté

Ce qu’elle aime le plus ? « Le management des équipes et la prise de décisions. Maintenant, je peux aller jusqu’au bout de mes idées sans l’aval d’une autre personne. J’aime manager, faire plaisir à mes équipes. » Son prochain défi est de pérenniser l’activité actuelle tout en apportant une touche de modernité et de féminité. Marilyn Perraud fourmille de projets pour l’avenir : développer de nouveaux produits et services, et pourquoi pas, un jour prochain, devenir importatrice de ses propres produits afin de créer sa marque. A une échéance plus proche, Marilyn prévoit le rachat des murs de l’entreprise d’ici 3 ans. Premier bilan de cette reprise ? « J’en suis fière. Mon conseil ? Si on a envie, il faut se donner les moyens d’y aller et prendre des risques. Le mieux étant de s’entourer de collaborateurs avec qui échanger».


Gaëlle Brière
Le 22-10-2018
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