Novembre 2018


Anticiper et d’assurer la pérennité de l’entreprise grâce à un nouveau statut d’entreprise, la SASPO

Un chantier de Nova Construction
Impliquer les salariés dans la direction de l’entreprise, tel est le projet de Eric Pellerin, dirigeant de Nova Construction, une société établie à Lescar, dans les Pyrénées Atlantiques. Il est pratiquement le seul en France à avoir choisi le statut juridique de SASPO, un mixte entre la SAS et la SCOP, pratiquement inconnu auprès des services fiscaux. Un choix non seulement économique, mais aussi social qui permet de cogérer la société en s’appuyant sur la participation ouvrière.

Après 13 ans d’expérience enrichissante dans une PME de gros œuvre, Eric Pellerin, 44 ans, se trouve en porte à faux dans l’exercice de ses compétences. Là ou il est, les conditions de travail se dégradent et le poussent à rompre son contrat. En cause, l’absence de visibilité sur l’avenir de l’entreprise et son opacité financière. « Cette situation engageait ma responsabilité morale et ne permettait plus de respecter la confiance que j’avais pu acquérir auprès des clients, architectes, salariés, fournisseurs »,souligne le jeune dirigeant.

C’est le besoin de transparence dans la gestion financière de l’entreprise et une certaine éthique du travail bien fait qui l’incitent à monter, en 2011, sa propre société, Nova Construction,spécialisée dans la construction de bâtiment industriel, logements collectifs, bâtiment commercial et tertiaire dont le cœur de métier est le gros œuvre – maçonnerie. Sa conviction est claire : le travail est un facteur de la production aussi nécessaire que le capital.

Sept ans après, il affiche sa satisfaction d’avoir su se différencier.Sur l’année 2017, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 6 088 000,00 € avec un résultat net comptable positif.Un succès qui doit beaucoup à l’implication des 42 membres du personnel et à l’éthique du dirigeant.

Equité

« Quand j’ai créé la société à participation ouvrière, j’ai défini d’un côté, une part de capital dont je suis propriétaire à 75 % et de l’autre, une part de 25 % détenue par la communauté de travail. L’action de travail distribuée aux salariés est gratuite ».Le projet ? Que les ouvriers et employés soient co-actionnaires de leur outil de travail. Le fait de travailler dans l’entreprise donne automatiquement droit de bénéficier de ces parts au bout d’un an, mais aussi de les perdre dés rupture du contrat de travail. « Elles ouvrent aux mêmes droits que l’action de capital : vote en AG et participation aux bénéfices, mais les actions ne sont pas détenues nominalement. Elles sont gérées par une coopérative de main d’œuvre (SCMO)» indique Eric Pellerin.

L’intérêt pour les salariés ? Comme les actions sont gratuites, le personnel n’a pas besoin d’apport financier. Seule la reconnaissance de son travail compte. L’actionnariat salarial est garant de long terme, car la participation repose sur leur entreprise. Aussitôt que des bénéfices sont engrangés, les dividendes sont versés de manière équitable, au prorata du temps de travail de l’ouvrier ou de l’employé. Un tiers va à la communauté de travail, un autre tiers à la trésorerie, et le troisième tiers à l’investissement. « A l’occasion d’une AG annuelle, les résultats sont exposés dans leur intégralité,souligne Eric Pellerin. Les salariés interviennent dans la discussion à titre consultatif. Mais je reste décisionnaire dans la fonction de gestion. »

L’avantage pour l’entreprise ? « La transparence est une nécessité pour que l’entreprise fonctionne bien,précise le jeune dirigeant. C’est un outil de fidélisation pour pérenniser le travail sur le long terme. Il faut pouvoir discuter afin d’anticiper. Partager l’information et se comprendre aide les salariés à mieux intégrer le fonctionnement de l’entreprise. Cela donne du sens à l’activité».

Climat de confiance

Très vite, le dispositif de transparence à travers le dialogue social a permis de mettre en marche le label RSE (Responsabilité sociale et environnementale) qui s’impose comme le fil conducteur de la gouvernance de la société et de sa pérennité. D’où l’importance que le jeune dirigeant accorde à la cohésion de l’entreprise en favorisant le respect des règles du Code du travail en termes d’hygiène, de santé, de sécurité et de conditions de travail. « J’ai le souci de promouvoir le bien-être au travail, de favoriser le parcours professionnel des salariés tout au long de leur carrière et valoriser leur compétence. La gestion des compétences des hommes indispensables à l’acte de construire sont sources de motivations pour moi »explique le jeune dirigeant. Pour ce dernier, il est ainsi capital d’assurer le long terme en réalisant des travaux de qualité, de favoriser la satisfaction des clients et partenaires, tout en préservant l’autonomie et l’indépendance de la société.

« Si je me reporte à dans 10 ans, le projet est d’ancrer la société dans son territoire, ouverte sur l’environnement qui l’entoure et qu’elle soit reconnue pour son savoir-faire, sa rigueur et sa capacité à travailler dans un climat de confiance »,conclut Eric Pellerin.


Yan de Keroroguen
Le 6-11-2018
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