Février 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


La RSE, un outil de dialogue

La RSE, née dans les années 1990, s’est développée plutôt en direction des grandes entreprises.Elle s’est structurée notamment grâce à deux outils : le reporting, c’est-à-dire la publication par les entreprises d’informations sur leur politique RSE, en réponse aux interpellations des parties prenantes (ONG, syndicats, médias) et la notation extra financière par des agences indépendantes comme Innovest, Ethifinance et VIGEO, à la demande des entreprises ou de leurs investisseurs.
 Depuis 2004, le code des marchés publics autorise pleinement l’intégration de critères sociaux, sociétaux et environnementaux. Les acheteurs publics peuvent désormais établir un cahier des charges incluant ces éléments tout en garantissant la possibilité d'obtenir pour leurs marchés le meilleur rapport qualité/prix.La commande publique qui représente 10 % du PIB à l’échelle française pèse particulièrement sur la demande des fournitures, des travaux et des services. Son poids économique influence nécessairement les fournisseurs sur leur manière d’élaborer et de réaliser l’ensemble de leurs prestations. Aujourd’hui, le secteur public est reconnu pour sa qualité de levier dans une politique de développement durable dans les entreprises. Mais qu’en est-il dans les petites et moyennes entreprises ?

Un enjeu économique

« C’est indéniable, la RSE et les marchés publics sont plus difficiles d’accès aux PME, explique François Fatoux, délégué général de l’Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE), même si les règles d’accès aux procédures d’offres ont été simplifiées. Question de moyens mais aussi de relations complexes entre les donneurs d’ordre et les fournisseurs. C’est sous la pression des grandes entreprises que les PME ont été amenées à s’intéresser à la RSE. Un intérêt motivé par le dialogue avec les financiers et les assureurs qui s’en sont servis comme levier d’accompagnement de leurs clients». Les PME n’ont pas d’obligation de reporting et pas de notation. Elles ont donc bâti leurs propres référentiels. Le CJD est un acteur de cette sensibilisation avec la mise en place d’un outil d’autoévaluation, la performance globale, qui est intégrée par les PME innovantes

« Les marchés publics représentent pour les PME un enjeu économique important. Si elles veulent contractualiser, il leur faut s’appuyer sur de tels référentiels », souligne François Fatoux.Dès lors, on peut se poser la question : les marchés publics sont-ils une opportunité de développement ou un facteur d’inhibition pour le jeune dirigeant ? La RSE permet-elle de sortir du « systématisme » de l’attribution du contrat au moins-disant ?

« Pas évident, commente François Fatoux.Les acheteurs ont une contrainte économique de performance. Ils raisonnent à court terme.Dans ces conditions, comment les PME peuvent-elles inclure des critères de RSE si, en plus, elles n’ont pas de visibilité à court terme sur leurs commandes, ni de garantie bancaire et si les délais de paiement courent au-delà de trois mois ? Ces problèmes placent les PME dans une situation de tension. Il est dès lors difficile de leur demander de s’impliquer sur des critères de développement durable à long terme ». La faute précisément au fameux principe du moins-disant décrié depuis des années par les opérateurs et à qui on attribue tous les maux des marchés publics.

Anticiper les contraintes

Pour le délégué de l’ORSE, « mettre en œuvre la RSE suppose de se poser la question économique du long terme. Les réalités économiques et financières doivent être dépassées quand on fait la démonstration que la fragilisation des fournisseurs est déstabilisante pour le donneur d’ordre. Les flux tendus en sont un bon exemple. Il y a un arrêt de la production si le fournisseur n’arrive plus à assurer. Changer de fournisseur représente alors une perte de temps importante ». Et François Fatoux d’inciter les entreprises à miser sur la fluidité de la relation et sur l’équilibre des performances sociétales et économiques. Avoir une démarche de développement durable, c'est aussi savoir anticiper les contraintes. Comme l’indique l’ORSE, une entreprise qui accepte de rentrer dans une démarche d’évaluation et la rend visible, favorise la confiance et stimule le développement de l’innovation. En outre, la RSE est un outil qui peut générer du dialogue.L’acheteur public est conscient que le domaine des référentiels sociaux est en forte évolution du fait d’une pression croissante émanant aussi bien des consommateurs que d’acheteurs. « Un des enjeux est celui de la formation, conclut François Fatoux. Des actions sont menées notamment par l’ORSE sur les achats responsables. L’objectif est d’apporter des réponses claires aux dirigeants qui s’interrogent ».

Yan de Kerorguen
Le 4-11-2010
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