Janvier 2019


Promouvoir enfin les transformations novatrices

© Gilles Piel
Avec le mouvement des gilets jaunes, le gouvernement actuel paie des décennies de crise de la représentativité et du dialogue social. Sur les plateaux télévisés, les politiques disent « parlons-nous » et les gilets jaunes leur répondent « à quoi bon ? ».

Ecrivant comment il avait créé le Centre des Jeunes Patrons (devenu depuis le Centre des Jeunes Dirigeants) deux ans après les grèves de 1936 et un an avant la Seconde Guerre Mondiale, Jean Mersch, s’exprimait ainsi :« beaucoup de patrons, même de ceux qui se vantaient publiquement de leurs œuvres sociales et croyaient en leur valeur, ne surent que répondre. Ils découvraient que leur activité n’avait pas de bases réelles, pas de fondement spirituel et qu’[ils] étaient des esclaves, obligeant tout un monde à vivre dans leur régime d’esclaves. La plupart n’osèrent regarder le problème en face. Les chefs ouvriers, en général, n’en prirent pas non plus conscience. Alors qu’il fallait se mettre tous ensemble à construire un monde nouveau on discuta. Et ce fut (…) l’ère des compromis et des marchandages, la chute progressive jusqu’à la ruine. »

Les jeunes patrons de l’époque ont voulu prendre leur part mais l’œuvre de destruction de l’entre-deux-guerres était lancée à plein régime.

En sommes-nous là aujourd’hui ? Nous laisserons les politologues en débattre. Mais il est évident que l’on ne peut pas se résoudre à n’imaginer d’autre issue électorale que le choix des extrêmes et d’autre recours pour les plus contestataires que la violence. Quand la crise sociale rencontre la crise politique, il n’y a plus à tergiverser, il faut agir sans attendre et réformer.

Réformer, c’est d’abord se connecter les uns aux autres. Pour nos élus, c’est retrouver les « bases réelles » de Jean Mersch. Pour le peuple et les corps intermédiaires, c’est vouloir « se mettre tous ensemble ». C’est parler, s’écouter, inventer un langage commun et partager l’envie d’un monde meilleur. C’est arrêter de projeter sur l’autre une image déformée de ce qu’il est et de ce qu’il pense. C’est, ensemble, à la fois contester ce que la société a d’injuste et d’inhumain et promouvoir les transformations novatrices.

Quand les uns parlent de réchauffement climatique et les autres de fin de mois difficiles, réformer, c’est relier les enjeux économiques, sociaux, sociétaux et environnementaux.

Les 5000 jeunes dirigeants de 2018, chefs d'entreprises de PME et d'ETI et cadres dirigeants, sont prêts à s’investir dans la concertation voulue par le Président de la République. Tout peut être mis sur la table. Tout doit l’être. Parce que les jeunes dirigeants d’entreprise refusent de choisir entre la performance économique, l’inclusion sociale et la transition écologique. Parce qu’ils croient au vivre-ensemble et veulent que renaisse l’espoir.


Catherine Vampouille et Pierre Minodier
Le 10-12-2018
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